dimanche 23 septembre 2012

N° 0 : ARTICLES POUR REFLEXION

Bonjour à toutes et à tous , toujours depuis Paris.
c joints deux articles:
- un qui présente la situation économique du Mali dans le contexte de mondialisation. Point de vue d'un responsable du syndicat agricole, (Ibrahim COULIBALY) qui "parle vrai", et qui nous aide à réfléchir à notre conception de la coopération
- un article paru dans "La Croix" et qui présente l'originalité de l’Église du Mali dans un environnement à majorité Musulmane.

Des articles que je vous propose, pour nous aider à POSITIVER face à la Crise politico-économico-militaro-religieuse que travers actuellement le pays.

BONNE LECTURE


On n’a pas le droit de nous dire :
«Vous mangerez quand vous serez compétitifs ! »

Par Ibrahim Coulibaly (25 octobre 2011)



Aucune « solution » proposée par la Banque mondiale ou le FMI n’a sorti les paysans africains de la pauvreté.

« On est devenus encore plus vulnérables », affirme Ibrahim Coulibaly, représentant des organisations paysannes du Mali, devant le Conseil de la sécurité alimentaire mondiale le 21 octobre. Il expose les méfaits des plans d’ajustement structurel menés par les institutions internationales. Et appelle à agir, enfin, car il n’est plus possible d’attendre.
Il y a près de quarante ans, quand j’étais tout petit, on ne parlait pas de volatilité. Je me rappelle encore que notre gouvernement donnait des charrues, des bœufs de labour, de l’engrais à crédit à nos parents. À l’époque, il y avait un service public, l’OPAM, qui achetait les produits alimentaires aux familles paysannes à des prix connus d’avance.
Il y a environ trente ans, j’étais au collège, on nous a dit que c’était mieux de produire pour les marchés extérieurs et nous avons commencé à entendre dans le discours de nos hommes politiques un terme…

 «Détérioration des termes de l’échange », une véritable complainte à l’époque, mais qui n’a eu d’écho nulle part. De quoi s’agissait-il ? En vérité, les prix des produits agricoles d’exportation s’effondraient sur le marché international. Les gouvernements d’alors avaient certes commis l’erreur fatale de pousser les paysans à produire plus de produits d’exportation mais, quand cela a mal tourné, seuls les paysans ont payé le lourd tribu.
L’effondrement de nos économies et l’endettement public dans les années 1980 ont amené la Banque mondiale et le Fonds monétaire international à mettre nos pays sous ajustement structurel.
On nous a dit alors que l’État était inefficace et que nous devions donner plus de place au privé. En même temps, nos États étaient obligés de s’endetter encore plus pour rétablir les équilibres macroéconomiques. On nous a dit qu’il fallait couper tout soutien à l’agriculture paysanne, qualifiée de non-performante, une véritable campagne de démolition contre cette agriculture a alors été engagée par la Banque mondiale et ses alliés
.
« On est devenus encore plus vulnérables »
On nous a dit de produire encore plus de produits de rentes pour l’exportation, comme le coton, le café, les arachides, à des prix très bas fixés à l’extérieur. Avec ces devises, on nous a dit d’acheter du riz d’Asie ou de la farine et du lait en poudre d’Europe, qui aujourd’hui sont devenus si volatiles. La descente aux enfers avait commencé pour les familles paysannes et pour nos États surendettés et incapables de payer.
Puis on nous a dit de devenir compétitifs selon les critères des institutions financières internationales, et que nos États n’étaient plus autorisés à nous protéger. Tous nos tarifs douaniers ont été démantelés et nos marchés ont été libéralisés, des produits alimentaires venus d’ailleurs ont commencé à se déverser à bas prix sur nos marchés nous rendant encore plus vulnérables à la volatilité des prix. Les habitudes alimentaires ont changé dans les villes ; les productions vivrières des familles paysannes ne pouvaient plus se vendre. Ce phénomène a été aggravé en Afrique de l’Ouest par l’avènement de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) et son Tarif extérieur commun, connu pour être le tarif douanier le plus faible dans le monde.
Mais aucune de ces « solutions » qui nous ont été imposées ne nous ont sortis de la pauvreté. Pire encore, on est devenus encore plus vulnérables. C’est dans un tel contexte que l’on demande à l’agriculture familiale d’être performante.
Aujourd’hui, on doit subir de nouveaux enjeux qui nous tombent du ciel. Le changement climatique, la spéculation financière, les marchés internationaux imprévisibles, de nouvelles politiques de pays développés qui nous accaparent nos terres pour faire des carburants. Mais par rapport à cela, on ne nous dit plus rien. Pourtant c’est au cœur de la volatilité dont on parle maintenant.



« La houe, contre le tracteur plus la subvention »

Description : D:\DOCUMENTS BERNARD\MALI\SEJOUR MALI 2010-2011\photos BERNARD\Mali Bernard noel 2010 101.jpgPlutôt que de répondre aux causes de notre pauvreté et de la volatilité, on a vu de véritables catalogues de projets et programmes financés au nom du secteur rural. Des milliards de dollars sont mobilisés chaque année, mais la réalité est que plus de la moitié des familles paysannes dans la plupart de nos pays ne peuvent pas accéder à 1 000 dollars pour se payer une charrue, une paire de bœufs, une charrette, un âne (étude de la FAO sur la mécanisation agricole au Mali).
Le haut panel d’experts devrait être mandaté pour faire une étude sur l’efficacité de qui est mobilisé au nom des pauvres (quand plusieurs centaines de millions de dollars sont mobilisés, combien arrivent dans les champs des pauvres, aux femmes dont on parle tant ?). Vous serez étonnés des résultats d’une telle étude. Ou peut-être pas du tout, parce que depuis le temps qu’on mobilise tous ces millions en notre nom, nous serions tous riches déjà.
Malgré tout cela, sans aides d’aucune forme, sans aucune protection et avec tous les puissants du monde contre elle, l’agriculture paysanne n’a pas disparu. Malheureusement, il a fallu la crise actuelle pour que nos gouvernements reprennent conscience de la nécessité de la sécurité alimentaire sur base de la production alimentaire au niveau national. Cependant les solutions durables se font attendre.

« Nous ne pouvons plus attendre »
Pour solutionner ce problème de volatilité de prix, nous, paysans, avec l’appui des autres acteurs de la société civile, pensons qu’il est nécessaire de donner la priorité à nos marchés locaux, à l’intégration régionale, plutôt que de laisser nos prix se faire dicter par ces marchés internationaux lointains et imprévisibles. C’est la seule solution pour que nous, paysans, puissions nous nourrir ainsi que nos communautés et nos villes.
Il faut arrêter toutes les formes de compétition entre des agricultures et des modes de production ayant de très grands écarts de productivité (la houe contre le tracteur plus la subvention, cela passe difficilement). On n’a pas le droit de nous dire qu’on mangera quand on sera compétitifs.
Il faut arrêter ces politiques qui viennent déstabiliser nos agricultures paysannes. Quand il y a surproduction, nous subissons le dumping. Quand il y a pénurie, nous subissons les restrictions des exportations pour l’alimentation qu’on nous a dit de ne plus produire.
Il faut que nos gouvernements aient l’ambition de politiques qui nous sortent de la pauvreté et de la misère, qu’ils protègent nos agricultures paysannes des marchés volatiles et nous soutiennent pour qu’on puisse investir pour nourrir nos populations.
On sait comment il faut faire. Des instruments existent pour stabiliser les prix : des tarifs douaniers adaptés, des stocks stratégiques à différents niveaux, mieux gérer l’offre et la demande, réguler contre les spéculateurs… Au nom de quel droit l’Organisation mondiale du commerce nous interdit-elle de le faire ?
Permettre aux paysans, aux femmes, aux groupes vulnérables en milieu rural d’accéder réellement aux fonds mobilisés en leur nom pour acheter du matériel agricole, des fertilisants, des semences, de créer de la valeur sur leurs produits afin qu’ils puissent commencer à vivre dignement de leur travail.

Pour finir, je voudrais  inciter chacun d’entre nous à méditer quand nous allons nous asseoir devant nos plats de victuailles ce midi, à penser que des humains sont en train de mourir en ce moment même de faim ou de malnutrition parce que des réunions coûteuses sont organisées autour de leur sort sans que les actes qui pourraient les sauver ne soient posés. Nous ne pouvons plus attendre.

Ibrahim Coulibaly,
président de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali





samedi 22 septembre 2012

N° 01 - FICHE D'IDENTITE DU MALI

Bonjour à toutes et à tous en ce 22 septembre, JOUR DE L'ANNIVERSAIRE DE L'INDEPENDANCE au MALI.
En ce jour de fête, je viens vous donner une "carte postale du Mali" en chiffres (ci dessous) et surtout l'Hymne national de ce pays. Un très beau texte, qui est malheureusement malmené par les événements actuels.
Bonne découverte!
Pour ma part, j'attends "le feu vert" pour le départ. Tout est prêt (valises, vaccins, visa), il manque le billet d'avion et surtout le jour à fixer !


Devise nationale :
Un peuple, un but, une foi
Capitale
Bamako
Superficie
1 241 231 Km2
Population
13 518 000 hab.
Régime politique
République
Langue
Français, bambara
Gentilé
Malien, Malienne
Monnaie
Franc CFA (XOF)
Fuseau horaire
Hymne national
Pour l'Afrique et pour toi, Mali
Domaine Internet
.ml
Indicatif téléphone
+223

SITUATION POLITIQUE ET ECONOMIQUE
DU PAYS
DE LA PREMIERE REGION (Nord du Pays)
DU PAYS DOGON
DE L’ENSEMBLE DE SERAVE-MOPTI

Hymne national du Mali
A ton appel Mali, Pour ta prospérité Fidèle à ton destin Nous serons tous unis
Un peuple, un but, une foi Pour une Afrique unie
Si l'ennemi découvre son front Au dedans ou au dehors Debout sur les remparts
Nous sommes résolus de mourir

Pour l'Afrique et pour toi Mali Notre drapeau sera liberté
Pour l'Afrique et pour toi Mali Notre combat sera unité
Ô Mali d'aujourd'hui Ô Mali de demain
Les champs fleurissent d'espérance Les cœurs vibrent de confiance

L'Afrique se lève enfin Saluons ce jour nouveau Saluons la liberté Marchons vers l'unité Dignité retrouvée Soutient notre combat Fidèle à notre serment
De faire l'Afrique unie  Ensemble debout mes frères
Tous au rendez-vous de l'honneur

Debout villes et campagnes Debout femmes, jeunes et vieux Pour la patrie en marche
Vers l'avenir radieux Pour notre dignité Renforçons bien nos rangs
Pour le salut public Forgeons le bien commun Ensemble au coude à coude
Faisons le sentier du bonheur

La voie est dure très dure Qui mène au bonheur commun Courage et dévouement
Vigilance à tout moment Vérité des temps anciens
Vérité de tous les jours Le bonheur par le labeur
Fera le Mali de demain


Principaux indicateurs
 Superficie : 1.241.238 km2
 Capitale : Bamako
 Monnaie locale : Franc CFA
 Population : 12.000.000 hts
 Principaux produits d’exportation : coton, or, bétail
 Taux de croissance de la population : 2.2%
 Principaux produits d’importation : Machines, produits pétroliers, matériaux de construction, alimentation
 Marché : UEMOA (60 millions de consommateurs)
 Langue officielle : Français
 PIB/Habitant : 180 420 F CFA
 Taux de scolarité brut : 55%
 Taux de croissance du PIB : 5%
 Autres langues importantes : Bambara, Fulani, Soninké, Senufo, Sonrhaï, tamasheq, dogon, bobo
 Religions : Islam 80%, animisme 10%, Christianisme 10%