mercredi 2 janvier 2013

N° 8 : DEUXIEME RETOUR A BAMAKO :




Me voici de retour à Bamako, après plus de deux semaines à Mopti, pour y vivre les différentes fêtes de Noël et du Jubilé de 25 ans d’ordination presbytérale de Georges (l’évêque) et de Noël (prêtre en service à Bamako). Voici d’abord
-          Quelques échos de ces fêtes :
o   FETE DE NOEL : Pour les deux célébrations, je suis resté à Mopti. La communauté est beaucoup plus petite (500 personnes) qu’à Sévaré (1200 ou plus), mais elle a aussi son charme. L’église, pardon, LA CATHEDRALE, est un bâtiment vraiment tout simple : ça ressemble à un hangar (!) et derrières les vitres chargées de poussières et qui sont toujours ouvertes, c’est le marché… alors on prie dans le bruit, disons plutôt les bruits en tout genre ! C’est « la prière dans la vie ! ». Heureusement, une sono de fortune permet de se faire entendre. Pour la fête, on a installé des guirlandes électriques clignotantes en toutes les couleurs !!! et des ballons de baudruche!
Les amis de Kisito mimant l'évangile de la Nativité

POUR LA MESSE DE LA NUIT, c’est Léopold (vicaire général) qui préside. La chorale a bien répété et s’en donne à « cœur-foi ! », par les chants et par les danses, mais l’explosion de joie, c’est à la préface, quand Léopold entonne un chant en Dogon (avec une partie d’improvisation) alors là, les youyous des femmes couvrent les chants de la chorale et la sono !!! Extraordinaire !  Auparavant, nous avons eu droit (comme dans beaucoup d’églises de part le monde) à une mise en scène de l’évangile par les enfants (les amis de Kisito = ACE) : les enfants ont été des acteurs épatants, comme ils savent le faire… mais ils en ont rajouté dans l’expression théâtrale, au point de faire exploser de rire toute l’assemblée ! On se serait presque cru au « caveau de la république » à Paris !!! Quant à l’homélie, elle fut longue, car Léopold parlait en Français, et Laurent (le président de la communauté) traduisait tout en Bambara, et surprise finale, un Nigérian s’est avancé (à la demande de Léopold) pour dire un petit mot en Anglais… mais le petit mot a duré presque 10 minutes ! (Mopti est une ville qui attire de nombreux travailleurs étrangers, en particulier des Nigérians qui font du commerce).
En veillée : « repas-réveillon » au presbytère avec des amis de Léopold, autour de bières, sucreries (c'est-à-dire : coca, fanta, sprite etc), poulet-frites, et nems !
POUR LA MESSE DU JOUR, c’est moi qui devais présider. Michel, le curé, est arrivé – comme prévu- pour m’accompagner. Et à la dernière minute, arrive Georges, l’évêque ! C’est lui qui a présidé, et j’ai fait l’homélie, traduite en Bambara (mais pas en Anglais !). A l’offertoire, grande procession avec des produits de la terre (bananes, oranges, oignons) et du fleuve, (grosses carpes et le fameux « capitaine » = le thon d’eau douce) apportés par des femmes en dansant. La cathédrale attenante à la mission, est construite à 20 mètres du fleuve ! La particularité aussi à ces deux messes, c’est que la prière universelle est spontanée et que celles et ceux qui s’expriment disent fortement la réalité des personnes déplacées, des personnes marquées par la peur, des personnes en attente d’un changement fort dans le Mali et en particulier au Nord.

Et à midi, Michel m’a emmené dans une famille amie, pour un repas de fête. David, le mari avait invité pour l’occasion ses collègues de travail. Un moment vraiment sympa.
Repas en famille chez David

o   FETE DU JUBILE : Le dimanche 30 décembre, tous les chrétiens de Sévaré et de Mopti, et aussi des délégués des autres paroisses (surtout de Ségué) se retrouvent dès 8h 30, pour une messe d’action de grâces qui va commencer à 9h et va durer… 3 heures ! C’est la fête pour les 25 ans d’ordination de Georges FONGHORO (l’évêque) et de Noël SOMBORO (nommé comme responsable national des finances de la conférence épiscopale, et qui loge à la Cathédrale de Bamako.  Nous sommes donc ensemble, en soutien de l’équipe locale des prêtres !). Une belle fête en plein air, une foule composée de chrétiens et aussi de Musulmans amis des jubilaires, ou des gens qui sont venus voir, attirés par la musique et les chants ! En étant sur place, ils ont pu aussi apprécier les danses de la chorale, et de toute la foule à la fin de la célébration.
      Dans l’assemblée, je n’étais pas le seul blanc (pour une fois !) J’ai repéré trois « visages pâles » d’Italiennes venues pour la fête ! Ce que j’ai remarqué aussi, c’est que nous étions ostensiblement entourés de policiers et de militaires en armes. Impressionnant service de sécurité ! Mais il y avait des raisons…

-          Voici, aussi, ce qu’on trouve sur le site de TV5monde.org/info, depuis le 24 décembre :
« Le Mali compte près de 400 000 Chrétiens qui forment, loin derrière les Musulmans et un peu après les animistes, la troisième communauté du pays (3 à 4 % de sa population). Certains ont préféré fuir les régions du Nord où de multiples exactions se sont produites après leur conquête par les factions islamistes alliées à Al Qaïda pour un sud où la tolérance demeure la règle.
Nommé en mission à Mopti - dernière ville avant la zone occupée par les djihadistes et chef-lieu d'une région d'importantes communautés chrétiennes, le Père français Bernard Robert a été contraint - du fait, surtout de sa nationalité -  de se replier à Bamako. Il nous livre son témoignage.
"Le dialogue est la seule porte pour construire un Mali qui tienne debout"
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-          Le Père Bernard Robert, célébrant la messe à Bamako (photo Pascal Priestley).
-          Comment les Chrétiens de la région de Mopti, d'où vous arrivez, vivent-ils la pression islamiste toute proche ?
Il y a une pression, c'est vrai, mais il vivent relativement en paix. La ligne de démarcation passe à 30 ou 50 kilomètres au nord de Mopti. Tant qu'elle n'est pas arrivée à Mopti ou au sud de Mopti...Les grosses communautés chrétiennes sont en pays Dogon du côté de Bandiagara, Barapirelli, Pel, Ségué. Elles se sentent en sécurité et vivent tranquilles.
A Mopti ou Sevaré on est un peu plus dans l'inquiétude mais tout de même pas très anxieux.

La plus grande partie du Mali se trouve désormais sous le pouvoir de groupes armés dits « islamistes » et sous leur loi. Cela n'inquiète t-il pas les Chrétiens, même ceux vivant dans la partie sud du pays ?

Il y a deux tendances. Il y a ceux qui disent « on ne va pas nous reconnaître, nous les Chrétiens. On risque de nous mettre dehors, on se crispe ». Il y a une autre tendance qui est plus généralisée et plus « malienne », et c'est la mienne en venant ici, qui est de dire « les Musulmans sont nos frères. On partage depuis très longtemps, on discute entre nous, on vit ensemble. On va continuer à vivre ensemble. Ne nous laissons pas crisper par cette situation militaire ».

Les Chrétiens jouent-ils un rôle dans les actuelles tentatives de négociation entre diverses parties ?

Oui, ils pèsent de tout leur poids pour que le dialogue prévale sur toute action militaire. Même si elle est nécessaire, une action militaire ne crée pas de dialogue. Un jour ou l'autre il faut déposer les armes, se mettre autour de la table et parler.
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-          Messe à Bamako, le 2 décembre 2012 (photo Pascal Priestley)
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-          Pesant un peu moins de 3% de la population, représentent-ils un interlocuteur considéré ?
On entend souvent dire ici « les Chrétiens représentent 2 % ou 3 % en nombre mais 50 % en impact social ». Cela signifie que leur engagement dans le pays en matière de santé, d'éducation et dans bien d'autres domaines en font une part égale aux Musulmans. Ce n'est pas pour se mesurer ou dire « je suis aussi fort que toi » mais pour dire que nous avons notre place ici. Et la place des Chrétiens, même très minoritaire est une place importante. Elle pèse dans le dialogue. Et quand les évêques et les Chrétiens appellent au dialogue, ils sont entendus.

Par tous ?

Nous avons eu un peu peur au moment de la mise en place d'un ministère du culte [institué en août dernier et considéré par beaucoup comme une concession à l'islamisme, NDLR] et on rencontre, c'est vrai, des Chrétiens qui doutent du dialogue avec nos frères Musulmans. C'est vrai qu'il y a des intégristes chez les Musulmans comme chez les Chrétiens et dans toute religion. Mais il faut entendre l'ensemble des Musulmans qui, eux, sont pour le dialogue et aujourd'hui, le dialogue s'engage. Il est la seule porte pour construire un Mali qui tienne debout, qui n'explose pas.
Le Mali traverse une crise très forte depuis près d'un an, presque une descente aux enfers mais c'est dans les grandes épreuves qu'on retrouve les grands hommes. Je crois que c'est dans cette grande épreuve qu'on va sans doute trouver, j'espère, les hommes et les femmes qui vont donner un Mali nouveau. C'est vrai qu'il faut imaginer la vie citoyenne, politique, communautaire autrement que cela a été fait depuis cinq ou dix ans. Je crois que c'est possible.

Mon séjour à Mopti a été l’occasion aussi de participer (en partie)  au Conseil de Pastorale Diocésain : organe rassemblant des délégués de paroisses et de mouvements, avec quelques prêtres et religieuses, autour de l’évêque. Au total, 30-40 personnes pour deux petites journées de partage et de débats. Ces derniers portant surtout sur les moyens à chercher ou développer pour l’autofinancement du fonctionnement ordinaire de l’Eglise, dans ce diocèse qui n’a pas encore 50 ans, et qui a de lourdes charges (avec 17 grands séminaristes, par exemple), et un territoire plus grand que…. La France ! (mais dont les 4/5ème ne sont pas accessibles actuellement !)

CADEAU DE NOEL POUR LE MALI : quelques jours avant Noël, le conseil de sécurité de l’ONU vote à l’unanimité, une résolution permettant le déploiement d’une force multinationale ouest-africaine (avec l’appui aérien de pays comme  la France ou les USA). C’est un bonus pour l’Espérance des Maliens. Reste à en attendre la réalisation concrète. Les vœux du chef de l’état par intérim, à la nation, le 31 décembre, ont été encourageants dans ce sens, laissant espérer une issue « assez proche » …. Attendons !

DE RETOUR A BAMAKO le 31 décembre à midi, j’ai pu vivre « un réveillon particulier » chez des amis, Berthe et Patrice qui accueille dans leur concession (annexe de la maison) des aide-ménagères qui viennent tous les soirs pour apprendre à lire et écrire (projet Soli-Mali). Ce soir-là, on a rangé les cahiers et les bics, et on a fait la fête : chansons, danses, et un petit coup de guitare !
le repas est réparti dans "les tasses" 
Et le lendemain, à midi, même chose avec le projet de la Caritas « enfants de tous », où j’ai retrouvé aussi bon nombre d’amis parmi les animateurs. J’ai retrouvé l’animateur avec qui j’avais fait la tournée de nuit, et aussi le jeune enfant de 9-10 ans qu’on avait recueilli, qui m’a bien reconnu (moi : non !) et est venu me saluer avec un grand sourire !
C'était l'occasion aussi de remettre les diplômes aux jeunes en fin de formation.... et de prendre des photos souvenir !

ME VOILA DONC A BAMAKO, JUSQU’EN MAI, sans doute !  ….Affaire à suivre !

vendredi 21 décembre 2012

N° 7 :POLITIC'MALI

 

  Les moutons de la ville, se nourrissent n’importe où !


" FEUILLETON POLITIQUE"
Le Mali vient de vivre plusieurs événements politiques, qui ont eu sans doute, quelques échos dans les médias en Europe, mais dont je viens vous faire-part, avec un regard à partir du pays lui-même.
LUNDI 10 DECEMBRE : Journée annuelle dite E.I.D. « Espace d’Interpellation Démocratique ». C’est la 17ème année que cette journée se déroule. Explication !  En théorie, c’est une journée où le Malien Lamba peut se lever et venir dire au micro ce qu’il reproche aux responsables du pouvoir, exécutif, parlementaire ou  judiciaire ! Ca pourrait faire une belle cacophonie … ça l’a été au départ, mais maintenant les affaires sont régulées par une commission internationale…. Et l’on voit venir, par exemple,  (car tout est retransmis en direct à la télé !) une pauvre veuve qui se plaint « parce que telle personne bien placée et influente veut lui voler son terrain, et a fait démolir sa maison deux fois…et la justice donne raison au voleur ! » Après cette journée, une commission se réunit et tranche pour donner raison aux uns ou aux autres. Ainsi, certaines personnes ont retrouvé leurs biens dont ils avaient  été injustement spoliés. Les ministres sont sommés de venir s’expliquer en public, si une question les concerne ! C’est « la démocratie à la Malienne » !
MARDI 11 DECEMBRE : (le lendemain !) au petit matin, la radio nous apprend la démission du premier ministre Cheik Modibo DIARRA (et de son gouvernement). Ce dernier a été arrêté à son domicile par les « hommes du capitaine Sanogo » (celui qui a fait le putsch le 22 mars dernier), interrogé au camp militaire puis relâché. C’est à la suite de cela, qu’il a décidé qu’il ne pouvait plus être chef du gouvernement, puisqu’il ne pouvait plus gouverner ! L’événement ne provoque pas de troubles dans les rues… même si quelques jours auparavant  des milliers de personnes s’étaient mobilisés pour soutenir sa politique….  « Politique à la Malienne ! »
MERCREDI 12 DECEMBRE : Un nouveau premier ministre est trouvé : c’est Djongo CISSOKO (62 ans). C’est un homme discret,  affilié à aucun parti politique ! C’est un travailleur de l’ombre (un commis de l’état) qui depuis plus de 25  ans, est dans les rouages de l’administration et du gouvernement. Il a donc connu de très près les 3 derniers présidents de la République. Il a reconduit l’équipe gouvernementale en y enlevant les proches de l’ancien premier ministre. La nouvelle équipe garde les deux mêmes priorités : la reconquête du Nord, et la tenue d’élections présidentielles et législatives. Souhaitons-lui « bon vent »
VENDREDI 21 DECEMBRE : L’ONU donne son « Feu vert » pour la mise en place de la MISMA (Mission Internationale de Soutien au MA). Cette décision, espérée déjà par deux fois et à chaque fois repoussée, est reçue au Mali comme un soulagement. Elle peut permettre une mise en place rapide de l’intervention militaire dans le Nord. Espérons que cette intervention permette aussi de construire non seulement la sécurité, mais aussi la Paix véritable, par la reconnaissance des droits et des devoirs de chacun ! Vous allez sans doute entendre parler du Mali, dans les médias !

ET MOI,  DANS TOUT CA ?
 Brouette à grande vitesse (derrière une moto !)
1-       Je vais bien ! La santé est bonne, et le climat (« froid » diront les Maliens !) est bon pour les rares Européens qui sont là : 15 degrés le matin et 30 à midi ! J’ai continué mes occupations de formation de responsables et accompagnateurs de Mouvements à la capitale…. Puis…


      
Adam et Judith se retrouvent après 12 années !
2-      Le 14, j’ai pris la route défoncée (en car) pour aller à Ségou ! 4 heures et demie de transport pour faire à peine 250 kms ! Heureusement, le car était confortable. A Ségou, j’ai été accueilli dans une communauté religieuse des « sœurs servantes du Sacré Cœur » (de Versailles) où je connais bien Paulette HELIOT : Elle m’avait accueilli (en 1991) au centre d’accueil qu’elle gérait alors à Bamako, pour m’y reposer de mon Hépatite A.  Aujourd’hui à Ségou, elle est avec deux autres sœurs, et aussi 6 jeunes postulantes ou novices venant de plusieurs pays africains. Une bien belle équipe dynamique et simple. Mon séjour m’a permis aussi de rencontrer brièvement les responsables du MMTC, et plus longuement ceux de la JOC, avec qui nous avons pu bâtir un « plan de relance : côté jeunes, et côté accompagnateurs ». Et puis surtout, j’étais venu pour participer à un mariage dans une famille amie, la famille de Xavier TRAORE, ancien président national de la JOC quand j’en étais l’aumônier national. Xavier et sa femme Jacqueline ont aujourd’hui 5 enfants, dont « un prénommé Bernard, en souvenir » ! 


3-      Le lendemain, le 15, avec un jeune frère de Xavier et sa famille, j’ai pris la route de…. MOPTI ! Même si le consulat (je le sais) ne m’aurait pas donné l’autorisation, j’ai fait le choix de venir passer les fêtes dans le diocèse où je suis nommé : fête de Noël, fête du nouvel An, mais aussi fête du jubilé (25 ans d’ordination presbytérale) de Georges FONGHORO (qui est l’évêque) et de Noël SOMBORO (qui est à la commission nationale des finances, de l’épiscopat  Malien) et qui réside, lui-aussi, à la cathédrale de Bamako. En plus de ces fêtes, sont prévues deux journées de conseil diocésain de la pastorale, avec des délégués de prêtres, religieuses et laïcs de toutes les paroisses et mouvements. Belle occasion de brancher avec la réalité !

Donc, je suis là ! Je souhaite  -comme vous-  que le séjour se passe pour le mieux !
Photos et vidéos seront sur la prochaine page dans 2 semaines ! « Ni Allah sonna = Si Dieu veut ! », comme on dit souvent ici !
Et, en terminant, je souhaite :  
 Bonne fête de Noël  à chacune et chacun  !

Et meilleurs vœux : de Paix à construire,
 de Santé à conserver
et de Joie de vivre à inventer
pour Militer efficacement  durant toute l’année 2013 !

            Et Mille Mercis pour vos nouvelles et votre soutien !

samedi 8 décembre 2012

N° 6 : LE DIMANCHE A BAMAKO



réunion avec l'équipe nationale JOC





rencontre des trois Fidéi-Donum (Français), avec Kisoto TOGO supérieur du graand séminaire

travail avec Hortense DEMBELE, Nouvelle présidente du MMTC

-          POUR VOIR LES VIDEOS DU PELERINAGE A KITA : (cf blog précédent)
o    choisir un lien
o   Appuyer sur la touche « Ctrl » + cliquer (si vous choisissez la première formule de liens)
o   Ou cliquez directement sur  un des liens suivants :
-          http://www.youtube.com/embed/pN0JT9jOiII
-          http://www.youtube.com/embed/QtHi1thq4t8 

-          « LE DIMANCHE A BAMAKO…C’est un jour de mariage ! »  comme disent les chanteurs Amadou et Maryam !  Effectivement le dimanche 25 à 12 h, j’ai célébré le mariage de Fabien (d’origine Sénégalaise) et Roda (Malienne, récemment baptisée).  Un mariage dans le style Malien (une chorale qui s’est déplacée pour l’occasion ; des hommes et femmes habillés avec le même tissu ; une explosion de joie, par des chants et des danses autour des mariés à la fin de la célébration ; et les gens qui veulent se faire prendre en photo avec les mariés, et aussi avec le prêtre en aube… !..Une surprise : à cette messe de  mariage, je retrouve Judith…
= « qu’est-ce que tu fais-là ? »
= « Mais, la mariée, c’est la fille de ma copine qui est dans la TONTINE ! »
= « ah la fameuse tontine ! »

quelques membres de la tontine
-          LA TONTINE ? qu’est-ce que c’est ?  C’est une institution très répandue au Mali ! D’abord c’est une institution de femmes ! Les hommes (trop dépensiers sans doute) n’y ont pas leur place ! La tontine c’est « une bande de copines qui se font confiance », et qui se retrouvent une fois par mois (sans faute ! Si l’une ne peut pas venir, elle envoie quelqu’un avec l’argent nécessaire) et qui apportent chacune une somme d’argent bien précise. Dans la tontine où est Judith, elles sont 22 femmes, qui se retrouvent chaque premier samedi du mois, et qui apportent chacune 10 000 cfa (15 euros); elles mettent l’argent sur la table ;  et l’une d’entre elles (chacune son tour, ou en fonction des urgences qui peuvent arriver)  repart avec les 220 000 cfa. Ce mode d’épargne (sans risque, car il n’y a pas d’argent  déposé quelque part ; sans frais, car il n’y a aucune écriture comptable) permet à chacune de se donner un projet le jour où elle repart avec «  le magot ». Elle peut alors investir dans du matériel (frigo, gazinière etc) ou envisager un voyage, ou subvenir au mariage de sa fille …. Judith est dans cette tontine depuis 14 ans ! c’est dire la fidélité ! c’est dire aussi la bonne ambiance entre elles. Chacune son tour invite chez elle… ça papote, ça rigole, on boit un coup, on met l’argent en commun, on discute et on repart : le tout en moins de deux heures ! Une belle expérience de prise en charge, d’auto-détermination, et de mise en commun grâce à la confiance. Des tontines comme cela, il y en a des milliers dans le Mali ; certaines marchent même, semaines après semaines ; d’autres (plus rares) jours après jours : mais là, c’est surtout avec les commerçantes.


-          Les moniteurs des cours du soir ! Je vous ai déjà parlé des cours du soir dans une page précédente. Cette semaine, j’ai rencontré les moniteurs. Ils sont 12. Admirez la diversité :
o   O. a une formation en banque, mais est directeur d’école ! 
o   B. a une formation de juriste et est enseignant en collège
o   S. a une formation d’employé de bureau et est surveillant dans une école
o   Si. a une formation comme transitaire (import-export) et est enseignant au primaire
o   Ba. est encore étudiant et est stagiaire en même temps, dans une école, en second cycle
o   La avec une formation de comptable est directeur d’une école privée
o   Bou. Avec une formation de sociologue, et animateur dans un centre
o   G. avec un BTS en gestion, est enseignant
o   Ma. Avec une formation dans le contrôle aérien, travaille à l’aéroport (il est le seul à travailler dans sa branche!)


quelques uns des moniteurs
Leur point commun : ils sont tous jeunes (entre 20 et 25 ans) et sont militants à la JOC ;  et donnent tous les soirs 2 heures de leur précieux temps, pour dispenser des cours à des jeunes et des adultes. Ce qui est remarquable aussi c’est que la plupart travaillent dans l’enseignement et s’improvisent professeur, ou directeur, sans formation particulière. Le MMTC (équivalant de l’ACO, Action Catholique Ouvrière, en France) avait remarqué cela, et a mis sur pied des formations pour ces « travailleurs sans qualification adaptée ». Ils ont été ainsi plus de  400 à bénéficier de ces formations.

-          LE SAMEDI A BAMAKO…. C’est aussi jour de Mariage ! Aujourd’hui même, j’ai célébré le mariage de Judicaël, (Burkinabé et Chrétien) avec Makouta (Malienne et Musulmane). Des mariages « mixtes » (au niveau de la religion !) comme on en fait beaucoup ici…. Le mariage est à la cathédrale…. Mais demain, (Le dimanche à Bamako…..) il y aura aussi le « mariage musulman » à la mosquée…. pour les mêmes personnes !  précision : « ce mariage à la Mosquée », (qui est bien précisé sur le faire-part) c’est en fait une rencontre de prières pour les mariés, qui eux-mêmes, ne sont pas là ! Tout le monde m’a dit «  c’est mieux ainsi, pour la paix entre les familles ! » Ainsi, va le Mali !