mercredi 25 novembre 2015

N° 41 : VIOLENCE PARTOUT.... POURQUOI ?

au Mali, tout se guérit !

Bonjour à toutes et à tous…. En vous espérant dans un climat de sérénité et de paix !
Pour ma part, je peux vous assurer que je vais bien,
.... même après être passé à Paris le lendemain de ce fameux vendredi 13 novembre, 
....et après avoir séjourné à Bamako y compris le vendredi 20…. Décidément !
Ceci dit, il faut bien continuer à vivre et ne pas céder à la généralisation de la peur !

Alors je continue la mission au service de la CIJOC.
-          =  Après 2 semaines et demie en Italie :
remise de ma lettre de mission par Monicah
o   Rome : j’ai travaillé avec Amélie et Monicah (permanentes CIJOC)  et Jules Bénévole, pour  vérifier les besoins des JOC d’Afrique et pour mettre au point la tournée dans une dizaine de pays. Ce fut aussi pour moi, l’occasion de « gouter » un peu  ce qu’est la vie dans cette maison, carrefour de l’international….. et de gouter aussi quelques glaces !
avec l'équipe de la CIJOC
o   Venise : j’ai pris un premier weekend de détente, en allant visiter Venise , avec des amis, pendant 2 jours. Une ville entièrement dédiée au tourisme…une ville sur l’eau , ça je le savais….mais une ville qui est un véritable labyrinthe de ruelles, avec pas moins de 240 petits (et quelques grands) ponts ! Il faut aimer la marche à pieds !





o   Brescia : j’ai continué mon séjour dans le nord de l’Italie en allant à Brescia pour visiter les responsables de la congrégation des « sœurs ouvrières » (qui sont à Mopti) et retrouver quelques visages connus. 
carrière de marbre dans la région de Brescia
dans une communauté avec des novices
avec une soeur du Burundi, devant les ruines romaines de Brescia

Soeurs ouvrières !
visages reconnus
Ce fut aussi pour moi l’occasion de découvrir que ce pays était aussi le pays de Battista MONTINI qui est devenu le pape Paul VI.
o   Assise : durant le second weekend, je suis parti en pèlerinage solitaire à Assise : une belle occasion de méditer la spiritualité de St François, et de découvrir le contexte de vie de ses premiers disciples.
première vue sur Assise
l'intérieur de la grande basilique

vue sur la grande basilique
-       =     Passage en Vendée : De retour de Rome, quelques jours en Vendée, pour vider et remplir des valises, saluer les amis et la famille….. puis 2 jours en montagne dans les Pyrénées, et j’ai pris le train  Lourdes-¨Paris.  Mes voisins les plus proches allaient sur la capitale pour rejoindre un parent gravement blessé la veille au soir au Bataclan. L’inquiétude se lisait sur de nombreux visages… les nombreux coups de téléphone étaient suivis de moment de silence et de tristesse et de gestes d’affection….. une ambiance particulière. Une nuit à Paris et j’ai repris l’avion pour le Mali.
     = Retour à Bamako :
o   J’ai commencé par m’installer à la cathédrale dans ma nouvelle chambre … petite mais climatisée. J’ai pu y déposer quelques affaires que je retrouverai lors de mes brefs passages dans la capitale (trois fois avant la mi-janvier, où je partirai pour une grande tournée)
o   Dans l’immédiat j’ai préparé les deux premiers voyages au Burkina et  en Guinée que je dois faire avant Noël….puis je reviendrai vers le 20 décembre à Bamako pour faire une conférence-débat  au grand séminaire de Bamako, sur les « mouvements d’action catholique »

CI-DESSOUS QUELQUES ARTICLES  POUR VOUS MONTRER UN PEU LE VECU DES MALIENS
On me dira que la région de Mopti n’est pas la seule région à risquer au Mali, car même à paris et à Bamako, les armes ont failli avoir raison sur la raison des humains. Mais ce qu’il faut peut-être noter, c’est le fait que Mopti soit une zone de repli des conflits du grand Nord, Mopti offre un relief plus propice au développement de la nouvelle façon de faire la guerre par des vrais « petits messieurs » à moto ou à pieds parmi nous. Mopti est la région où on pense trop investir dans le développement sans penser que ces investissements se sont transformés en villas à Bamako et dans les autres villes du Mali parce que les gestionnaires de ces projets de développement étaient des prédateurs, relais de la classe moyenne citadine qui venaient puiser dans le milieu rural.
Alors nous proposons :
- Les populations de Mopti doivent veiller et aider les forces en présence pour leur propre sécurité ;
- Un plan ‘’B’’ est toujours bon dans les villes et villages en créant des brigades de veille ;
- Au Mali : la réhabilitation du génie militaire pour la construction des ponts et barrages, routes, etc. pour le développement local réel et non un développement local prédateur (non prévu dans la nouvelle loi de programmation militaire du Mali) ;
- La MINUSMA : aller davantage vers la valorisation des projets sociaux durables et l’emploi des jeunes ;
- Les hommes politiques au vrai sens du mot : faire la politique pour réhabiliter les populations à la base (plus de 80% de la population malienne) qui se révolteront un jour plus qu’aujourd’hui pour inverser la tendance actuelle de la division internationale du travail : le travail rural doit prévaloir sur le travail des villes, c’est la seule voie de construction d’une paix durable.
Arrêtons de philosopher même si le monde sans philosophie n’existe pas et allons dire à nos dirigeants que nous voulons jouer notre partition dans la construction de la paix dans la région de Mopti, au Mali, en Afrique et dans le monde.

SDF               Source: Le Canard de la Venise

la vraie Venise, (Mopti étant la Venise du Mali)
Le 13 novembre dernier, le monde entier était stupéfait d’apprendre des attaques terroristes à Paris, la capitale française. Une semaine après (c’est-à-dire le 20 novembre), c’est Bamako, la capitale malienne à mille lieues, qui est frappée à travers une prise d’otages à l’hôtel Radisson Blu. Les bilans sont lourds. Si à Paris, les ennemis de Dieu ont ôté la vie à 130 personnes et des centaines de blessés, à Bamako, le bilan est de 21 morts et 7 blessés.
Les fanatiques religieux ont frappé fort. En l’espace d’une semaine, deux attaques sanglantes à Paris et à Bamako. Deux peuples attaqués par le même ennemi. Ce 13 novembre 2015, la France et le monde entier étaient sous le choc de l’horreur des attaques terroristes de la bande d’Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques de Paris. Une semaine après, le projet funeste des djihadistes est projeté sur la capitale malienne. Ce vendredi 20 novembre, tôt le matin, l’hôtel Radisson est attaqué par des hommes lourdement armés qui prennent en otage des clients de l’hôtel. Les assaillants au nombre de deux ou trois, selon les premières versions, seraient arrivés à bord d’un véhicule muni d’une plaque diplomatique et ont ouvert le feu. Les occupants de l’hôtel sont estimés à près de 170 personnes. Craignant le pire, toutes forces (policiers, gendarmes et militaires) sont mobilisées. Elles sont aidées par les forces onusiennes, françaises, américaines pour venir à bout des forcenés qui, dans leur folie, ont exécuté des otages.
L’union sacrée indispensable
Le mode opératoire est identique. Armés de fusils d’assaut, les assaillants font irruption et tirent sur tout ce qui bouge. Objectif dans tous les cas, faire le maximum de victimes et créer la panique générale au sein des populations.
Depuis janvier 2013, date de lancement de l’opération Serval, la France et le Mali sont en guerre contre le terrorisme international. Cette opération de l’armée française avait permis de stopper l’avancée des djihadistes vers la capitale Bamako et sauver le Mali. Cette même opération a permis avec l’appui des Fama, des forces tchadiennes et onusiennes de chasser du territoire la horde de combattants d’Iyad Ag Ghaly, du Mujao, d’Aqmi etc. Un coup dur pour les forces obscurantistes qui voyaient déjà notre pays, le Mali devenir le premier état islamique, totalement sous leur contrôle. Iyad Ag Ghaly et ses alliés n’ont jamais avalé cette bérézina, à eux infligée par la France, les forces maliennes et leurs alliés et qui a mis fin à leur projet machiavélique .  Plus que jamais, les destins de ces deux nations sont scellés et résident dans leur ferme volonté de lutter et de vaincre le terrorisme sous toutes ses formes. Comme le disait François Hollande lors dans son discours devant la Fondation Chirac : « les terroristes veulent semer l’effroi, unissons-nous. Ils veulent voir la vie s’arrêter, alors vivons ! Vivons pleinement ».
Daouda T. Konaté                                                Source: Le Challenger


Tous les prophètes des religions révélées inscrivirent en lettres d’or le premier commandement d’Allah dans la mémoire collective des croyants. Ici au Mali, les incrédules foulent aux pieds toute parole divine. Une fois de plus, le sang coule à Bamako, au Radisson Blu, sous la houlette de deux fils de Satan au nez et à la barbe de l’autorité d’un vaste riche territoire immense de sa déshérence depuis 2012.
Ce vendredi noir, 20 Novembre 2015, à capella, les coqs réveillent les muezzins. Petit à petit, un brouhaha indescriptible étouffe lentement le calme nocturne et le gazouillement des oiseaux diurnes de divers espèces rares de la capitale du Mali.
Pendant que les premiers rayons du Soleil chassent naturellement la pénombre, un oiseau de mauvais augure survole à tire d’ailes Hamdallaye Aci 2000. Avec précision, le rapace atterrit aux environs de 06 h devant l’entrée principale de l’hôtel Radisson et prend comme par enchantement la forme d’une voiture diplomatique. Est-ce vrai ? En tout cas, les terroristes ouvrent le feu. Les détonations retirent des bras de Morphée les clients lève-tard du palace.
En ce jour saint, les Maliens, à peine remis de leur sommeil et, subsidiairement, de l’attaque du bar-restaurant La Terrasse il y a de cela  huit mois, la prise d’otages dans un l’hôtel huppé de Sévaré quelques semaines plus tard et tout récemment l’attentat à la gare routière de Sogoniko, les paisibles Bamakois devinent alors avec stupeur, par voie de presse, le crépitement d’armes automatiques et de guerre à l’hôtel Radisson Blu.
Ce matin-là, en deux temps trois mouvements bref, deux mécréants neutralisent facilement les éléments sans doute endoloris du service de sécurité. Ils pénètrent avec fracas dans l’hôtel sans coup férir. Leurs armes, toujours au poing, crachent sans discontinuer de la braise ardente, mortelle à tous les coups. En un clin d’œil, ils mettent tous les clients et l’ensemble du personnel aux pas. Ensuite, c’est l’accalmie avec à la clé trois cadavres d’entrée de jeu. A l’intérieur, d’autres personnes allongent la liste noire d’innocentes victimes.
Alertée, l’autorité envoie ipso facto les meilleurs éléments des forces de sécurité et de défense. Sur place, c’est la débandade avant l’arrivée, en guise de renfort, des éléments de la Minusma, de la France et du gendarme du monde, les États-Unis d’Amérique.
Enfin, bref ! Les éléments de la fameuse Force spéciale du Mali, les meilleurs parmi leurs pairs, épaulés par des policiers de choc, des gendarmes aguerris et des soldats à peine requinqués, affirment les langues pendues, (au total plus d’une centaine d’hommes de tenue) arrivent aux environs de 07 h sur le lieu du crime, lourdement armée mais dépourvus de matériel didactique. Pour la circonstance, ils ne détiennent pas même le plan de l’hôtel Radisson Blu, à fortiori une sonde, ce radar indispensable pour le repérage des impies lorsqu’ils se barricadent dans leur dernier retranchement.   Qui plus est, ils savent à peine où donner de la tête. Leurs chefs courent, par-ci, par-là, pour collecter, de-ci, de-là, des informations peu hétéroclites. Plus grave, ils ignorent le nombre exact de mécréants qu’il faille mettre hors d’état de nuire à l’intérieur du lieu du sinistre. C’est le flou artistique dans ce milieu qui leur est hostile faute d’exercice, d’entrainement pour ce genre d’opération périlleuse.
N’eût été le guide éclairé du maître d’hôtel du jour, il serait difficile aux éléments de la Force spéciale du Mali d’investir le palace des nantis venus d’ailleurs. Ce jour-là, il fallait les voir progresser pour se rendre compte que cette force-ci manque cruellement de ressources humaines en matière de prise d’otages. A preuve ! D’emblée, ils lambinent pendant des heures avant de donner l’assaut.
Plus grave, une demi journée, plus précisément 10 h d’horloge leur furent nécessaires pour enfin parader en héros. C’est ce que l’autre appelle «faire de la récupération». Là où les diligents éléments des forces amies regagnent discrètement leur base en bons hommes de métier : mission accomplie sans la moindre bavure !

En réalité, le travail assez bien fait après plus d’une vingtaine de morts –abattre deux mécréants, seulement deux brebis égarées- relève de quelle force ? Celle de la Minusma sur la touche, des Maliens, des Gia ou du redoutable groupuscule de la perspicace Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (Gign) de la France, venus spécialement du Burkina Faso -si loin- pour soulager tout les Maliens et les étrangers en une petite heure ?
En tout cas, les éléments de la force dite spéciale du Mali n’avaient en face d’eux que deux mécréants hardis qui les tinrent en respect, presque en échec, pendant une demi journée. C’est très grave. Surtout lorsqu’il s’agit de cautionner sans sphincter que la mort en règle des deux terroristes découle de leur bravoure et leur savoir-faire. Certainement, il n’est est rien.
En tout cas, tout va se savoir. Car, la salive va bientôt couler à flots pour que personne n’ignore ce qui se dit tout bas au grin: «IBK travaille en toute confiance avec de très nombreux médiocres». Les reconnaît-il ? Que non !
Mais, d’où viennent donc ces deux mécréants qui tuèrent froidement pour rappeler la présence discrète de terroristes dans la capitale du Mali, le Sahel ? Au nom de quel dieu, ces taciturnes massacrent-ils des croyants d’autres religions outre que celle des adeptes du culte de Satan, le grand maître de l’Enfer ?
Toutes les religions révélées édictent aux croyants d’observer et faire observer scrupuleusement le premier commandement du Tout-Puissant, l’Unique, le Maître de la Terre et de l’Univers : «Tu ne tueras point». Les fils de Satan s’en fichent éperdument.
Au grand malheur des Maliens…
Source: Le Témoin

A LA PROCHAINE !


dimanche 18 octobre 2015

N° 40 : CHAUD ET FROID … ET BONNE CHALEUR !

sur le fleuve Bani, un arbre....en fleurs  ??? Non !

un arbre recouvert d'oiseaux
C’est depuis Rome, que je vous écris cette nouvelle page de Blog. Arrivé hier (15 octobre), j’ai enfin trouvé une température clémente ! Je suis ici pour deux semaines, pour faire le point de la situation des JOC d’Afrique de l’Ouest et Centrale et bâtir le programme d’année.
un repas ordinaire à la ci-joc, avec autour de la table, Jules accompagnateur Béninois / Joël, permanent Portuguais/ John, Prêtre Anglais/ Amélie Présidente Internationale, Française/ Monicah, Permanente Kényane /  évêque Éthiopien/, moi-même et Albert, accompagnateur Maltais!
Après avoir quitté Bamako et ses 39°, je suis arrivé à Paris dans un froid glacial…. Perdu 30° au moins en 24 heures ! Du coup, je suis en train de soigner un début de bronchite… mais le climat de Rome étant bon, je devrais y arriver sans problème !

QUOI DE NEUF DEPUIS LE DERNIER BLOG ?
-          J’ai fait mes valises et fait « la passation de services ». Ranger les dernières affaires, remuer de vieilles poussières, ce n’est pas toujours le plus agréable… mais c’est fait ! Ma grande joie, a été de faire le bilan de mes responsabilités, d’en faire une synthèse (de 14 pages) et de pouvoir discuter de tout cela avec l’abbé Jeannot TEMBELY qui a été nommé pour la JOC-MMTC et pastorale des migrants. Une rencontre pleine d’espérance.
passation de services avec Jeannot TEMBELY
lors de la messe d'au-revoir à Mopti.
-          J’ai fêté mon départ et mis en place les structures pour l’avenir. Avec les différents groupes, la communauté chrétienne de Mopti, mais surtout avec les amis plus proches, j’ai pu fêter mon départ, en se disant que c’est surtout un « au revoir pendant quelques mois ».

en cadeau : une chemise nouvelle !

repas de fête avec des brochettes
avec l'équipe de Riz-JOC sur le terrain
Et avec les Sœurs de Jésus Ouvrier, j’ai pu mettre sur pied des structures pour que le projet « RIZ-JOC », par exemple, puisse continuer convenablement.

repas de fête et d'au-revoir


-          J’ai fait halte à Ségou et visiter les amis : départ le mercredi 8 au matin…. J’ai fait halte à Ségou, dans la communauté de Paulette (amie de longue date) et chez un ami de Vendéens, un certain Salif qui habite aux bords du fleuve Niger, avec toute sa nombreuse famille.
Salif et une partie de sa famille
-          J’ai trouvé un « pied à terre » à Bamako : en arrivant à la capitale, j’ai été accueilli à la Cathédrale où le curé, l’abbé Timothée est un ami. Là, j’y ai une petite chambre de passage. C’est suffisant, du moment que j’y ai la connexion internet (aujourd’hui indispensable quand on fait un travail international)
Ci-dessous un article de presse, pour vous préparer (si vous êtes en France) à mieux vivre et comprendre le sens d’une visite :
le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, effectuera une visite d’Etat, du 20 au 24 octobre prochain, à Paris.
C’est la toute première fois qu’un président malien  effectue une visite d’Etat en France, depuis l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. C’est l’Ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson, qui a fait la révélation au sortir d’une rencontre avec le Premier ministre, Modibo Kéita. Selon le diplomate français, à cette occasion, les Champs Elysées seront pavoisés aux couleurs du drapeau malien ainsi que tous les bâtiments publics français. 
Au cours de cette visite, il est prévu un tête-à-tête entre le président français, François Hollande et son homologue malien ; un dîner d’État à l’Élysée ; un rendez-vous à Matignon avec Manuel Valls ; puis avec Jean-Yves Le Drian, Claude Bartolone (président de l’Assemblée nationale) et/ou Gérard Larcher (celui du Sénat). Il y a aussi en vue une rencontre avec Anne Hidalgo, la maire de Paris…
Ancien étudiant à la Sorbonne, IBK y donnera une conférence et recevra les honneurs militaires aux Invalides, avant d’être reçu au siège du Medef. Enfin, une visite est prévue à l’ossuaire de Douaumont, en hommage à son grand-père tué à Verdun pendant la première Guerre mondiale, alors qu’il combattait dans l’armée française.
Ce sont des centaines de milliards de FCFA qui seront annoncés à l’issue de  la rencontre de l’OCDE  qui sera co-présidée par IBK et Hollande, le 22 octobre prochain. 
Des honneurs et des honneurs, et sans nul doute le temps pour le président malien d’oublier un peu le carcan de son pays. Donc une véritable catharsis. 
Sauf que les Maliens se demandent ce que valent tous ces honneurs de la puissance coloniale au 6e président du Mali indépendant. Est-ce à dire que c’est le président le plus méritoire que le Mali n’a jamais connu ? 
Certainement pas pour les Maliens, lesquels dans leur écrasante majorité vous diront que le père de l’indépendance, Modibo Kéita, est de loin le président le plus aimé pour ce qu’il a fait. Un président qui a légué un Mali réellement indépendant mais qui est aujourd’hui dans la ‘’dépendance’’. Un confrère écrivait que le Mali est passé de l’indépendance à la dépendance. Le doyen Seydou Badian Kouyaté martelait que si Modibo était là, la Minusma ne serait pas là. 
dans les rues de Rome
Pour autant, c’est le président actuel de ce pays qui sera auréolé par autant d’honneurs, de célébrations d’amitié par la France. La France d’un certain Charles De Gaule qui disait en son temps que son pays n’a pas d’amis, mais n’a que des intérêts. Et puisque cette assertion semble être toujours d’actualité à l’hexagone, on pourrait dire que la France a, enfin, pu sauvegarder ses intérêts au Mali où elle est engagée depuis 2013, officiellement, dans une guerre contre le terrorisme. Beaucoup de Maliens pensent qu’IBK a beau être ami de longue date de François Hollande, Michel Tomi ; il a beau aimer la Sorbonne, il ne pouvait pas être autant célébré. 
L’explication est donc à chercher ailleurs. Peut-être dans la gestion de la crise malienne. La gestion de la crise malienne a été bonne à en croire l’Ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson, lequel soutient que la sortie de cette crise a été rapide et exceptionnelle. ‘’C’est une première  pour le Mali qui est ainsi honoré et, à travers  lui, son président, Ibrahim Boubacar Kéita, qui entretient de solides relations d’amitié et de fraternité  avec son homologue français, François Hollande’’, écrivait le jeudi un confrère. 
A la veille du dernier round des pourparlers ayant abouti à cet Accord, le président Hollande prévenait qu’il voulait un accord maintenant. Le message fut adressé à IBK et aux chefs rebelles de la CMA. L’accord a été alors accouché et depuis la signature de cet accord, tout semble aller sur des roulettes. 
Des missionnaires du gouvernement malien sont bien accueillis à Kidal pour étudier les besoins de la population ; la CMA et la Plateforme qui célèbrent la paix des braves à Anefis ; le ministre français des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin qui vient annoncer à Bamako l’annulation d’une grosse dette française envers le Mali ; le FMI qui n’est plus aux trousses du gouvernement malien ; le couperet Tomi rangée dans les placards et l’apothéose sera bien entendu la visite historique d’Etat du président IBK en France. 
On apprend même qu’au cours de cette visite, la France va verser 300 millions d'euros supplémentaires d'aide au Mali. Soit 196,5 milliards FCFA. 300 millions d'euros supplémentaires d'aide au Mali, notamment pour le développement du nord du pays. «On va annoncer environ 300 millions d'euros jusqu'en 2017, dont une partie substantielle pour le Nord, où l'ex-rébellion à dominante touareg et les groupes armés pro-gouvernementaux viennent de sceller la paix », a déclaré le vendredi une source diplomatique française.
Cette somme, dont le versement va s'étaler de la mi-2015 à la fin 2017, s'ajoutera aux 300 millions d'euros de prêts et aides déjà accordés par la France lors de la conférence des donateurs pour le Mali en mai 2013 à Bruxelles. La France présentera cette nouvelle aide lors d'une conférence de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour la relance économique et le développement du Mali, jeudi, à Paris.
IBK a été reçu à plusieurs reprises en France depuis son élection, notamment lors d'une visite officielle en octobre 2013, mais il aura droit cette fois-ci à tous les honneurs d'une visite d'Etat.
La visite d'Etat du président malien «tombe à un moment important dans le règlement de la crise malienne avec une accélération de la mise en œuvre des accords d'Alger depuis septembre après des débuts difficiles cet été», a souligné la source diplomatique française.
On comprend bien qu’il y a bien une relation de cause à effet par rapport à cet Accord pour la paix. 
Sa signature nous vaut aujourd’hui une célébration par la France. Un accord dans lequel beaucoup de Maliens, notamment l’opposition, voient les germes d’une future partition du pays. 
« Malgré les dénégations du président et  du gouvernement il n'y a pas l'ombre d'un doute : l'Accord d'Alger fera du Mali (s'il est appliqué tel quel) un État fédéral. Dans cette nouvelle fédération du Mali, les  Régions-États seront dirigées par des présidents élus au suffrage universel direct qui sont à la fois chefs du législatif, de l'exécutif et de l'administration. Or la démocratie repose sur la séparation des pouvoirs et la décentralisation  est synonyme d'organisation des contre-pouvoirs locaux », disait Tiébilé Dramé le 9 octobre 2015 à la Maison de la presse.
C’est peut-être pour cette raison que le rebelle Mahamadou Djéri Maïga félicitait le 20 juin 2015 au CICB, le président IBK pour avoir réalisé ce qu’aucun de ces devanciers n’a pu faire ! Un rebelle qui ne jure que par la partition du pays qui félicite un président de la République pour avoir signé un accord où il trouve son compte ? Ça veut dire ce que ça veut dire. 

Abdoulaye Diakité                                                                                   Source: MaliJet

Noëllie et Luc, avec ABdourahamane et Mohammed

mardi 22 septembre 2015

N° 39 - MOPTI EN FETE

mort ou endormi  ?

Bonjour à chacune et chacun.
Depuis un mois, j'ai passé beaucoup de temps
- dans la communauté des "sœurs ouvrières de Jésus de Nazareth".... avec elles, j'ai pris du temps pour prier, me détendre et surtout bricoler, et entretenir la maison.

en plein bricolage avec Erminia (Italienne)

avec toute la communauté et Enza (conseillère régionale) en visite, après une célébration où j'ai reçu la croix de la congrégation des "soeurs de Jésus ouvrier de la maison de Nazareth"!!!
- dans le champ RIZ-JOC: projet de 3 ha de rizières, où j'ai aidé les jeunes, en prenant le soin de travailler à l'ombre,  
derrière la charrue...comme en France dans les années 1950 !




Leçon de repiquage, donnée par Luc.

photo sur la digue et devant les rizières repiquées


fatigués , mais heureux du travail réalisé

le tri des plants..... à l'ombre !

la pause casse-croute....et thé !
- chez moi, pour lire et accueillir, en particulier les responsables JOC et MMTC, pour les aider à envisager la suite sereinement.
Le conseil de Gestion du projet RIZ-JOC avec quelques travailleurs
Evénements: L'église de Mopti était en fête les 12 Septembre avec l'ordination de 5 jeunes prêtres; et le lendemain, la fête du jubilé pour fêter les 50 ans d'existence du diocèse.  Beaucoup de monde, beaucoup de chants, beaucoup d'heures de célébrations.... des interventions remarquables comme celle du ministre du culte (Musulman) qui a fait "une sorte d'homélie" de 6-7 minutes en citant et expliquant des passages d'évangile, en lien avec le thème du jubilé. Formidable !

le ministre du culte (habillé avec le tissu chrétien sorti pour la fête)
Le ministre (qui est aussi Albinos) salue le Nonce à la fin de la célébration
tous habillés avec la même chasuble du 50aire !!!
QUELQUES ARTICLES DE PRESSE:


Ousmane Cherif Haïdara n’est pas d’accord que la politique soit mêlée à la religion. Pour lui, ce sont deux choses diamétralement opposées.
Son association a toujours reçu des hommes politiques pour les aider à se faire élire, mais ils ne se sont jamais prêtés à ce jeu. Par contre, d’autres le font de façon honteuse. Ils n’hésitent même pas à s’afficher avec eux publiquement. Les religieux n’ont rien à faire sur la scène politique, a ajouté le guide.
Le pays n’est pas vendu mais presque
L’homme de Dieu, visiblement très remonté contre la situation du pays, affirme qu’il ne dirait pas que le pays est vendu, mais il est en passe de l’être. Car il est impensable que des patriotes puissent devenir des fossoyeurs de la République en voulant tirer profit de la crise que nous vivons. Cette crise est devenue un fonds de commerce pour certains qui s’enrichissent sans vergogne sur la misère du peuple. C’est une véritable catastrophe qui se prépare.
Les leaders religieux doivent quitter la scène politique
Ousmane Cherif Haïdara n’est pas d’accord que la politique soit mêlée à la religion. Pour lui, ce sont deux choses diamétralement opposées. Son association a toujours reçu des hommes politiques pour les aider à se faire élire, mais ils ne se sont jamais prêtés à ce jeu. Par contre, d’autres le font de façon honteuse. Ils n’hésitent même pas à s’afficher avec eux publiquement. Les religieux n’ont rien à faire sur la scène politique, a ajouté le guide.
On m’a accusé de vouloir renverser IBK
C’est avec un ton très haussé que le président de l’association des leaders spirituels du Mali a affirmé que des gens l’ont accusé à tort de vouloir renverser le régime actuel en place. Pour ce faire, ils ont même amené des cassettes vidéo au Président de la République pour lui dire qu’il prêche contre lui. C’est faux et archi faux. Il ne s’est jamais érigé contre le pouvoir, parce que le pouvoir est sacré et Dieu recommande de lui obéir. Dieu nous est témoin que cela n’a jamais été notre objectif et il ne le sera pas, inchallah, conclut le Cherif. Non sans réaffirmer la disponibilité de son organisation à appuyer la mairie dans la salubrité et le recouvrement des taxes en mettant à sa disposition des bras valides, et à sensibiliser les militants et adhérents dans les zawiya et les mosquées.

H.M                                                    Source: Le Prétoire

Des sacs d'oignons, sur le port de Mopti

quelques sacs (seulement) sur le toit de la Peugeot !!!

Une surprise dans les rues de Mopti! Que les habitants de St Fulgent (Vendée) se réjouissent:
le camion de leur ville, roule toujours !
 Alors que nous laissions entendre depuis fort longtemps que le conflit qui secoue le Mali depuis de nombreux mois est fortement lié à des odeurs de gaz, de pétrole et plus globalement à ses ressources énergétiques et minières telles l’or et l’uranium, la presse malienne enfonce le clou.
A l’occasion d’un de ses nombreux déplacements au Mali, Kadhafi avait ainsi déclaré : « Le nord du Mali est très riche en ressources minières. Si vous ne preniez garde, un jour les occidentaux vont venir s’installer définitivement pour exploiter vos richesses…  ».
Tel pourrait bien être le cas …. Une situation que nous évoquions ici-même au sein de plusieurs articles dédiés à ce sujet. Et qui fut également évoquée lors d’un reportage sur Arte pour le moins éloquent.
Désormais, selon la presse malienne, des sources locales annoncent que l’exploitation de l’uranium de Kidal serait en cours avec la complicité de la la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), laquelle regroupe les groupes armés touaregs et arabes.
Certes, le journal « l’Aube » concède qu’il est « difficile de vérifier l’exactitude de cette information, dans une zone inaccessible aux autorités et autres ressortissants maliens ».
Mais, ajoute le journal, « tout porte à croire que la région de Kidal n’est pas « protégée » pour rien », les lieux semblant attirer non seulement terroristes et bandits … mais également des puissances étrangères désireuses d’avancer leurs pions …
Comme nous l’indiquions ici-même, des « intérêts colossaux seraient en jeu ». Une raison selon le journal de faire de cette localité  une véritable «  forteresse «  ou zone interdite.
« Certains Maliens sont toujours convaincus que la défaite de l’armée face aux rebelles de Kidal, n’était pas un fait du hasard. Les rebelles auraient certainement bénéficié du soutien d’une main invisible, l’appui d’une puissance étrangère » ajoute tout net le journal.
« L’on comprend aisément pourquoi l’armée et l’administration maliennes ne sont pas, pour le moment, les bienvenues à Kidal. Il faut les maintenir loin (et très loin) pour écarter tous les soupçons qui peuvent peser sur les complices des rebelles de Kidal, notamment des pays étrangers qui se disent « amis » du Mali »précise enfin l’Aube.
Disant tout haut ce que nous soupçonnions tout bas, le journal affirme également que des actions pourraient être menées « non seulement justifier la présence étrangère au Mali » mais également « empêcher par la même occasion que d’autres partenaires du Mali ne s’intéressent aux ressources minières » du pays.
Mais cela n’est pas tout : le Mali regorgerait également de ces très précieuses terres rares, même s’il ne s’agit que d’un potentiel, leur exploitation n’ayant pas débuté.
En dehors des achats de matériel militaire qui pourraient s’avérer fort lucratifs pour les finances de l’Hexagone, rappelons que c’est fort discrètement que le 23 et 24 octobre 2014, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de la République française, s’est rendu à Dakar, accompagné par son homologue espagnol, monsieur Pedro Morenés Eulate, et ce, avant de se rendre  à Bamako. En ligne de mire : le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, avais-je alors suggéré, supputant également qu’il puisse s’agir de contrats pétroliers …
Quelques recherches sur internet avec les mots clés « Mali » et « Repsol » auront alors conforté mes premières intuitions.
En effet, selon les termes même de Afrimag, pas plus tard qu’en avril 2014, le groupe énergétique espagnol Repsol a annoncé avoir gagné le jackpot à Taoudéni. Taoudéni, bassin pétrolier et gazier très prometteur que je soupçonne depuis fort longtemps – et ce, bien avant le déclenchement de la guerre au Mali  – être à l’origine des tensions qui frappent la région depuis quelques mois.
Rappelons en effet que le bassin de Taoudéni  est un large bassin couvrant une zone de plus de 500000 km2 sur la partie Sud et Est de la Mauritanie, et se prolongeant vers l’Est jusqu’à une zone similaire dans la partie Ouest du Mali. Offrant ainsi des ressources en matières premières qui ne peuvent qu’attirer les appétits ….
Un communiqué du Conseil des ministres tenu le 10 juillet 2013 au Mali faisait en effet état d’un accord de 35 millions de dollars portant sur le partage de production du bloc 6 de Taoudeni, l’exploitation, le transport et le raffinage des hydrocarbures liquides ou gazeux.
La convention avec  la société de droit des Iles Caïmans est inscrite « dans le cadre de la promotion de la recherche et de l’exploitation d’hydrocarbure pour favoriser le développement économique du Mali », avaient précisé les autorités maliennes …
Ladite convention a été approuvée par un projet de décret adopté par le Conseil des ministres tenu sous la présidence du chef de l’Etat par intérim, le professeur Dioncounda Traoré. Un accord signé quelques jours à peine avant un scrutin majeur pour le pays, l’élection présidentielle devant se tenir avant la fin du mois de juillet au Mali …
En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.
Elisabeth STUDER - www.leblogfinance.com
Source: leblogfinance


Peut-être, une tonne de ferraille, se promène sur une charrette!

Merci pour votre lecture et votre fidélité !
Bernard

le chiffre (sur chaque pirogue) indique l'année de construction..









samedi 15 août 2015

N° 38 DE PASSAGE A MOPTI !

le 15 Août 2015

Bonjour à chacun et chacun.
Me voilà de retour à Mopti…. Mais dans une ambiance particulière !

-         =  Ambiance ecclésiale et personnelle : je pensais revenir pour continuer dans un nouveau mandat de 3 ans. Cela n’est pas possible (pour diverses raisons), et en conséquence mon contrat n’est pas renouvelé. Je suis donc revenu à Mopti pour « faire mes valises », et voir avec les amis, comment continuer de soutenir les projets, tout juste mis en route !
-        =
fabrication de digues (à la saison sèche, en Mai-Juin)

fabrication de digues la semaine dernière)




=  Ambiance sécuritaire « un peu particulière ». Après la signature de l’accord de paix le 20 juin, on aurait espéré un peu plus de calme et de sécurité : il n’en est rien, bien au contraire ! L’article ci-dessous vous décrit l’actualité de la semaine passée.
avant de piquer le riz, il faut arracher les herbes
Après les récentes attaques de Gourma Rharous, Sévaré, Baguinéda, le bout du tunnel s’éloigne de plus en plus.

Le 03 Août aux environs de 05 heures du matin le détachement de la Garde Nationale de Gourma-Rarhous dans la région de Tombouctou a été victime d’une attaque terrorisme avec un bilan de 11 gardes tués. La veille, le président IBK rendait visite aux blessés de guerre dans la ville garnison de Kati. Le communiqué énergique du président de la République au lendemain de l’attaque de Gourma-Rarhous qui disait que « nous vaincrons du terrorisme »a semble t-il doper ces personnes à commettre plus d’atrocités. 
Le 07 Août, la localité de Sévaré située à 15 Kilomètre de Mopti faisait l’objet d’attaque, suivie de prise d’otages à l’hôtel Byblos. De source gouvernementale le résultat est de 12 morts dont des otages, des soldats et des terroristes. Si Sévaré est située à plus de 620 Km au Nord-est de Bamako, l’hydre va sérieusement se rapprocher de la capitale avec l’attaque du camp militaire de Baguinéda ville située à 30 Km de Bamako. 
Le samedi 08 Août, des assaillants non encore identifiés ont fait irruption dans la brigade de gendarmerie de Baguinéda. Si l’on ne déplore aucune perte en vie humaine, des dégâts matériels énormes sont à déplorer cependant.
En quelques jours, les certitudes ont fondu comme du beurre au soleil. Le peuple malien se retrouve à se poser d’interminables questions sur son devenir et son avenir.
Et l’accord dans tout ça ?
Signé le 15 Mai par le gouvernement et parachevé le 20 Juin par la coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), cet accord issu du processus d’Alger cristallisait toutes les attentions et était à …juste titre désigné comme l’unique chemin menant à la paix. Le comité de suivi censé y veiller reste encore en veilleuse du fait des chocs des intérêts divergents des différentes parties. Les mouvements dissidents de la CMA que sont :  CPA-CMPRII qui ont signé le 15 Mai avec l’Etat sont aujourd’hui considérés par le MNLA et alliés comme des  « traîtres » n’ayant pas leur place au sein dudit comité.
C’est bizarrement au moment où ces groupes se disputent la légitimité que surviennent ces attaques. L’on n’est pas sans savoir que l’une des manières prisées par les groupuscules rebelles pour se faire entendre est l’usage des armes, même s’il faut selon le ministre de la communication, Choguel Maïga mettre les attaques sur le dos des groupes terroristes qui les revendiquent. Une chose reste clair, tant que la mise en œuvre de l’accord ne débutera pas avec le cantonnement des différents groupes armés, les auteurs réels ne seront jamais connus avec certitudes.
Les 5 suspects de l’attaque du détachement de Gourma-Rarhous, appréhendés par l’armée, ne seraient pas selon la CMA les auteurs mais plutôt des membres de la CMA qui collaborent étroitement avec l’armée. L’armée s’est –elle trompée ? La CMA dit-elle vrai ? Puisqu’il est question de confiance réciproque pour la bonne marche de l’accord, nul doute que ces suspects seront relâchés bien qu’ils étaient en possession à leur arrestation des armes et des munitions d’une grande quantité. 
Bamako sous la psychose
Après l’attentat de la terrasse et les attaques contre les maisons et véhicules de la MINUSMA Bamako a fini par étaler au grand jour sa grande insécurité. Ce samedi 07 Août au moment où Sévaré était sous les feux, c’est le supermarché Azar libre service sis à Torokorobougou qui a fait l’objet d’attaques par des bandits à mains armée. Après plusieurs heures d’atermoiements de la police qui a occasionné un attroupement montre autour dudit supermarché les policiers sont parvenus à mettre hors d’état de nuire ces bandits. Persécutée au nord à ses abords et même en son sein, Bamako est loin d’être sécurisée.  Cette nouvelle escalade de l’insécurité, rappelle que le chemin menant à la paix reste parsemé d’embûches.
Mohamed DAGNOKO                                                                                       Source: Le Pouce
l'eau commence à rentrer dans les rizières
Et qu’en est-il de la position de la France ? Et que deviennent les Français  dans tout cela ? Voici ce qui s’est passé à Bamako à la mi-juin.

Une grande marche de la société civile qui a mobilisé des milliers de Bamakois, a été le lieu de toutes les expressions de colère à l’endroit de l'ancienne puissance coloniale, la France, et de son président, François Hollande. Après avoir écrit sur les pancartes : ‘’A bas la France’’ ; ‘’Hollande égal MNLA’’, des extrémistes sont allés jusqu’à brûler le drapeau français en témoignage du degré de colère qu’ils nourrissent envers l’hexagone.
Et dire que ce sont les mêmes Maliens qui avaient applaudi des deux mains l’arrivée de cette même France un certain 11 janvier 2013 ! C’est dire qu’entre temps beaucoup d’eau a coulé sous le pont de l’Opération Serval convertie aujourd’hui en Barkhane. La France que les Maliens ont vue venir un certain 11 janvier 2013 à Konna était-elle aussi sincère avec le Mali jusqu’à mériter des Maliens leur plus grande sympathie ?
La France et ses avions rafale étaient-ils aussi sincères avec le Mali jusqu’à procurer au président Hollande ‘’la journée la plus importante de sa vie’’ un certain 2 février 2013 au monument de l’Indépendance à Bamako ? Ironie du sort, c’est au même monument de l’Indépendance que les Maliens sont venus manifester leur colère noire contre son ‘’prétendu sauveur’’.
En tout cas, l’élan de sympathie n’est plus le même entre Français et Maliens. La France applaudie à son arrivée au Mali, est aujourd’hui une France haïe, indésirable puis qu’accusée d’être de connivence avec les vrais ennemis de la paix au Mali, les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Tout çà, à cause de ses intérêts colonialistes. Les Maliens ont fini par retenir aussi la dure leçon d’un dirigeant français : ‘’La France n’a pas d’amis, elle a des intérêts’’.

A. Diakité   
     SourceMalijet
Devant les semis de plants de riz
A part cela, « tout va bien »… les gens continuent à vivre et à travailler…. Faut bien !
Pour ma part, je m’investis pour que le projet créateur d’emplois (avec la JOC de Mopti) puisse réussir et durer. Pour cela, j’ai quelques semaines devant moi, pour mettre en place les personnes et les structures nécessaires
Puis je prendrai le chemin de Bamako, où je pense trouver « un pied à terre » pour répondre à la nouvelle mission qui m’est confiée –pour un an- par la Coordination Internationale des JOC (CI-JOC) dont se secrétariat est à Rome. Je vais donc passer une année en posant mon sac à dos de temps en temps, dans 7-8 pays africains et en Italie. Je vous en dirai plus dans le prochain blog.

Merci de votre compréhension et de votre soutien.
L'orage menace ! Le ciel est noir et le fleuve est jaune !