dimanche 7 septembre 2014

N° 29 RETOUR AU MALI 7 SEPTEMBRE 2014


vue depuis la mission catholique: le fleuve Bani qui se jette dans le Niger


le fleuve est poissonneux

LES NOUVELLES :
1-      Bien arrivé au Mali, sans encombre. Le voyage s’est fait sans histoire même si j’ai dû attendre près de 10 h dans l’aéroport de Casablanca. C’est l’inconvénient des voyages moins chers !
2-      En passant à Bamako, j’ai pu assister à la messe de clôture (3h durant !) du chapitre des religieuses (Filles du Cœur Immaculé de Marie), la seule congrégation née au Mali. Une nouvelle équipe, un « nouvel état-major », comme a dit l’évêque a été désigné : 5 religieuses jeunes (toutes entre 40 et 50 ans). La supérieure générale s’appelle Esther THERA, originaire du pays Bobo : une  première dans l’histoire de cette congrégation qui compte une centaine de religieuses.
3-      Dernière semaine d’Août, le Mali s’inquiète avant l’ouverture des négociations avec les groupes rebelles du Nord, Le Président de la république (Musulman, dans un pays laïc) invite tous ses concitoyens à unir leurs prières pour la paix. Le vendredi 29, il va en délégation à la grande mosquée, et le dimanche 31 août, il se déplace avec 5 de ses ministres (tous musulmans) pour la grand’messe à la cathédrale.
4-      Je suis arrivé à Mopti le lundi 1 septembre : Rien de bien changé ! Les amis, heureux de m’accueillir, en disant « bonne arrivée ! Comment vont les amis là-bas en France ? Comment va la famille ? ». Je n’ai pas fait route tout seul, je suis venu avec Judith et sa petite fille Angéline, et aussi la nièce Félicité, étudiante en vacances et qui voulait visiter le Mopti et le pays Dogon, et aussi se rentre utile. Du coup, j’ai eu l’idée de commencer l’alphabétisation avec les trois employés qui sont à la mission : Brouhaima (le cuisinier), Emma (la femme de ménage) et Awa (l’aide-ménagère des religieuses). Quelle joie de les voir commencer ensemble cette aventure !
la joie de commencer l'alphabétisation

5-      Une nouveauté dans les nominations. Henri (le prêtre avec qui je vivais) va partir et est nommé dans la ville toute proche de Sévaré. De même, François, le séminariste-stagiaire a fini son temps ici.  Et vont venir vivre dans la maison : Sylvain SOMBORO qui termine ses trois années en Vendée, et un certain David TOGO, grand séminariste (pour un an) que je ne connais pas.
6-      5 septembre, à 11 h, coup de téléphone de l’évêque qui m’invite à l’accompagner pour accueillir le ministre du culte. En effet ce dernier est de passage à Mopti et souhaite saluer les responsables religieux des différentes confessions. Notre délégation (Chrétiens catholiques) se fait remarquer en étant la seule à être composée d’hommes et de femmes, de Noirs et de Blancs !
l'eau commence à rentrer dans les rizières

7-      Ci-dessous, un article de presse pour tenter de vous aider dans la compréhension de la situation au Mali ! Bonne lecture. Et à plus, pour vos nouvelles par mail.

ARTICLE DE PRESSE
Longtemps hésitant, le président IBK s’est définitivement résolu à négocier avec les groupes armés depuis la cinglante défaite infligée aux troupes maliennes, le 21 mai 2014 à Kidal. Les négociations, qui ont débuté il y a quelques semaines, se poursuivront en septembre 2014 sous l’égide de l’inévitable voisin algérien qui, déjà, fut le parrain des précédents accords de Tamanrasset en 1991 et d’Alger en 2006.

Le Mali se plie aux quatre volontés de l’Algérie
Malgré l’échec des accords antérieurs, l’Algérie parvient, encore cette année, à imposer sa médiation dans la crise malienne, éclipsant, au passage, les tentatives du rival marocain de s’immiscer dans le dossier. Si l’Algérie pèse d’un si grand poids dans l’affaire, c’est pour de nombreuses raisons.
D’abord, elle partage plusieurs centaines de kilomètres de frontières avec le Mali; ensuite, elle entretient des liens divers avec les jihadistes maliens, notamment avec Iyad Ag Ghali, le leader d’Ançar Dine. Enfin et surtout, l’Algérie est la première puissance militaire du Maghreb: sans son soutien, la France n’aurait jamais pu libérer le nord malien en 2013 ni ne pourrait, aujourd’hui, continuer à contrôler ce vaste territoire qui, bien vite, deviendrait un foyer d’attentats.
Par conséquent, les Français, avant de s’engager militairement au Mali, se sont vus obligés (nous l’évoquions dans nos précédentes livraisons) de passer avec l’Algérie un pacte permettant à ce pays de continuer à déverser dans le nord malien, notamment à Kidal et environs, les activités de ses propres groupes terroristes, dont la trisqtement célèbre AQMI. Une manière, pour l’Algérie, de faire régner la paix à l’intérieur de ses frontières après une décennie de lutte sanglante contre les jihadistes.
Alors opposant, donc dans le camp de la facilité, IBK s’est, en 2006, bruyamment élevé contre l’accord d’Alger, le jugeant attentoire à la souveraineté nationale.
Devenu chef de l’Etat, il se rend à l’évidence : l’Algérie est incontournable. IBK vient d’ailleurs d’adresser au président Abdelaziz Bouteflika une lettre fort édifiante sur la soumission du Mali aux quatre volontés algériennes. Dans ce courrier daté du 20 juin 2014, IBK salue l’« attitude pétrie d’amitié, de fraternité et de solidarité » de l’Algérie; mieux, le président malien adresse ses « vifs remerciements » à Bouteflika pour « la précieuse contribution qui a permis d’engager les mouvements armés dans la dynamique de la paix et de la négociation avec le gouvernement du Mali ». Tout en transmettant à Bouteflika la feuille de route élaborée par le Mali dans le cadre des négociations, IBK lui demande, tenez-vous bien !, de l’« enrichir » en lieu et place du Mali: « Je vous serai reconnaissant de le faire enrichir par l’expertise de vos techniciens et de le soumettre à l’examen des groupes armés et des représentants du gouvernement qui, en la circonstance, seront réunis par les soins de la partie algérienne à Alger à la date de votre convenance ».
En clair, le courrier montre que le Mali accepte, à l’avance, ce qu’aura décidé la toute-puissante Algérie ! Ce douloureux constat donne, bien entendu, raison à Tiéblé Dramé, leader du PARENA, qui, il y a quelques jours, affirmait dans la presse que le Mali avait « abandonné sa souveraineté à l’Algérie ».

Les groupes armés en position de force
Les groupes armés du nord n’ont accepté que du bout des lèvres le cessez-le-feu après leur victoire militaire à Kidal. Il a fallu que la France et l’ONU déploient des trésors de diplomatie pour convaincre le HCUA, le MNLA et le MAA de surseoir à l’usage des armes et de rentrer le processus de dialogue politique prôné par la communauté internationale. IBK lui-même avait craint le pire au point de renouer avec l’ennemi intime mauritanien.
Alors que sous la Transition, le Mali avait refusé le déploiement, au nord, de soldats mauritaniens sous la bannière de la MINUSMA,  IBK s’est hâté de dépêcher le chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, à Kidal pour arracher un cessez-le-feu aux groupes armés.
Certes, les groupes armés ont mis l’arme au pied; mais ils n’en ont pas moins gardé de précieux atouts de négociation.
Partant du principe que Kidal, leur fief, ne saurait prospérer sans débouché sur le fleuve Niger, ils ont poussé leur occupation militaire jusqu’à Faffa, ville  riveraine du fleuve située dans la région de Gao. Les abords d’Ansongo, région de Gao, sont infestés de combattants rebelles qui font déjà la loi à Ménaka, à Aguelhok et à Tessalit.
Du point de vue politique, les groupes armés négocient également en position de force en faisant valoir que c’est le Mali qui a déclenché les hostilités le 21 mai 2014.
Enfin, ils ont des alliés puissants comme la France, l’ONU, la Suisse, la Belgique et le Qatar qui leur offrent des subsides et ont, avant même les combats du 21 mai 2014, empêché Kidal de retourner dans le giron malien, toutes choses qui violent la résolution 2100 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Parallèlement, le gouvernement malien, drogué à l’aide internationale, est fragilisé par la suspension des financements du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne : en l’absence d’accord global avec les rebelles, le pays devra longtemps faire son deuil de l’argent frais en provenance de ces bailleurs de fonds.
C’est en considération de ces paramètres qu’IBK a fait savoir au médiateur algérien qu’il était prêt à signer tout accord qui préserverait l’intégrité du territoire national et la laïcité de l’Etat.
Pour bien marquer sa disponibilité au dialogue, il a fait libérer au pas de course tous les rebelles – séparatistes oujihadistes - qui croupissaient entre les mains de la justice malienne. Il est vraiment loin, le temps où IBK martelait qu’il ne permettrait à aucun rebelle de « négocier d’égal à égal » avec lui, ni encore moins, de le« trimbaler »...

Les doléances des  groupes armés
Encouragés par les atouts qu’ils détiennent, les rebelles viennent de  peaufiner leurs doléances qu’ils remettront, à très bref délai, au médiateur algérien.         
Ils demandent trois choses:
- l’intégration de  3.000 combattants dans l’armée malienne;
- l’octroi du grade de général à  100 de leurs officiers;
- l’institution d’un statut particulier pour l’ensemble des trois régions du nord (Kidal, Gao et Tombouctou).
Fait remarquable, il appartiendra aux rebelles, et non au gouvernement malien, de proposer les noms de ceux qui doivent intégrer l’armée ou bénéficier du grade de général.
Ce sera donc là l’occasion d’envoyer dans l’armée tout ce que le nord compte de bergers et de chômeurs touaregs ou arabes. Autre exigence rebelle: l’armada des intégrés restera dans le nord; de surcroît, tout corps d’armée typiquement malien qui sera positionné au nord sera commandé par un Touareg ou un Arabe.
Quant au statut particulier des régions du nord, ils comptent l’exploiter de manière à séduire la population locale dans l’optique d’un futur référendum d’autodétermination qu’ils pourraient réclamer dans cinq ans.
Ils en auront peut-être les moyens car ils exigent aussi l’affectation aux régions du nord de 60% des ressources minières qui y seront découvertes.
Tiékorobani                                                             Source: Procès Verbal  - le 19 août 2014
le centre artisanal (tout neuf) entre Mopti et Sévaré, inauguré la semaine passée

mercredi 28 mai 2014

N° 28 : DERNIERE PAGE..... AVANT PASSAGE EN FRANCE

Bonjour, depuis Bamako que je viens de rejoindre, pour y faire mes valises.
 Eh oui, dans quelques jours, je m’envole pour la France, où je serai du 1° Juin au 18 Août.

Peut-être aurons-nous l’occasion de nous rencontrer ? Pour que nos routes se croisent, il faudra être :
-          En Vendée, du 1° au 7 Juin
-          A Angers les 8-9 Juin
-          A Paris du 9 au 18 Juin
-          A Gavarnie du 18 au 28 Juin
-          A Nantes le 29 Juin
-          En Vendée du 30 Juin au 13 Juillet
-          En train de faire du vélo en Belgique du 14 au 26 Juillet
-          En Auvergne du 27 juillet au 1 Aout
-          En Vendée du 2 au 17 Août

Deux « rendez-vous-Mali » sont programmés :
-          Le jeudi 5 Juin à partir de 18h au 25 rue Massenet (presbytère Ste Thérèse) à La Roche sur Yon,  pour les vendéens et environs
-          Le dimanche 15 Juin à partir de 15 h au 23 rue Jean de Beauvais (Paris 5ème) pour les Parisiens et environs

       DANS L'ESPOIR DE VOUS RENCONTRER  les uns ou les autres.
 
LES NOUVEAUTES DEPUIS UN MOIS :
-          Une sortie du 1° Mai avec la JOC : 70 jeunes rassemblés pour cette journée. L’exploit pour certains a été de monter sur une pirogue et de traverser les fleuves Bani et Niger….et de se baigner dans le fleuve Niger (et son eau chaude) pendant deux heures. Ce fut l’occasion de découvrir l’histoire du 1° Mai et la réalité de la JOC au Mali.
baignade dans le fleuve Niger: un exploit pour certains qui n'y ont jamais mis les pieds !
       Reprise du chantier de la cathédrale. Après 2 semaines de repos, les bénévoles et professionnels sont revenus pour la suite du chantier. Je suis donc en short et tee shirt de travail tous les matins….mais on arrête la journée vers 13h pour raison de chaleur trop ardente !
assurance.... à la Malienne, sur le toit de l'église !

    -        
Nettoyage de la façade


 façade en partie repeinte !
    
 Le dépouillement de 330 enquêtes sur la « recherche de la Paix au Mali » réalisées par les jocistes de Mopti-ville. Un exploit déjà d’avoir rempli autant d’enquêtes, alors que la JOC n’est plus connue ici depuis 30 ans ! Reste maintenant à analyser ce dépouillement (un tiers des jeunes, par exemple, pensent que pour résoudre le problème du Nord « il faut prendre les armes » !) et à voir ce qu’on va en faire !
en plein dépouillement ! Une  grande première pour tous les jocistes présents
sous l'autorité de Luc (à gauche) le président diocésain de la JOC

-          Le « problème du Nord », il est revenu sur le devant de la scène internationale, avec l’attaque de Kidal, dont nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences. La Paix est un long chantier, qui demandera beaucoup d’acteurs convaincus !
c'est seulement pour se protéger de la poussière , un jour de grand vent !

VU DANS LA PRESSE : à Propos du 1° Mai !
Le Mali, à l’instar du reste monde a fêté ce jeudi la journée internationale du travail. La principale centrale syndicale au Mali, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), a respecté la tradition en organisant un défilé au Boulevard de l’Indépendance. C’était en présence du tout nouveau secrétaire général de l’UNTM, Yacouba Katilé et des membres du gouvernement.
Cette année, le défilé organisé par l’UNTM était à la hauteur pour avoir su mobiliser l’ensemble des syndicats et des travailleurs qui y sont affiliés. Les travailleurs de toutes les catégories socio- économiques ont pris part à ce défilé qui a duré plus de deux heures d’horloge. Sous un soleil de plomb. { Le MMTC (Mouvement Malien des travailleurs croyants) y était avec des aides-ménagères- NDLR} 
l'équipe diocésaine du MMTC , complétée par Armande, responsable de la 5ème équipe de Mopti
  Avant le démarrage du défilé, le secrétaire général de l’UNTM a tenu un discours rassurant. Il n’est pas du tout allé avec le dos de cuillère pour évoquer tous les problèmes ou presque dont souffrent les travailleurs maliens. Aussi, il a rassuré que toutes ces difficultés ont été formulées sous forme de doléances et seront déposées très prochainement sur la table du gouvernement.  Ces doléances s’articulent autour de la de la révision de la valeur indiciaire, l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), la baisse de l’impôt sur le salaire (ITS), l’augmentation des allocations familiales. S’y ajoutent la ratification des conventions 102 et 122, la création d’une école nationale des mines mais aussi et surtout des mesures contre la vie chère.
Pour M. Katilé, il est triste, très triste de constater qu’au 21e siècle, les 8 heures de durée journalière du travail ne sont pas encore un acquis au Mali. Dans les mines, dit-il, certains ouvriers sont soumis à 10 heures voire 12 heures d’activités, sans équipements de protection, sans droit syndical, sans salaire conséquent. On assiste au quotidien à des licenciements abusifs et sans droit, à la non-immatriculation à la sécurité sociale, à la violation du droit syndical Il a invité l’Etat et le Patronat à accorder une attention particulière à ces cas de violations  du droit du travail.  Le secrétaire général de l’UNTM a trouvé inacceptable l’immense misère dans laquelle vivent les Maliens. «L’honneur du Mali n’est pas dans l’immense misère des populations qui n’arrivent ni à assurer les trois repas quotidiens établis par nos habitudes alimentaires, ni à éduquer, à soigner les enfants, ni à être de bons citoyens. L’honneur du Mali n’est pas non plus dans l’implacable indigence des travailleurs qui, depuis des décennies, se trouvent au bas de la hiérarchie des salaires dans notre sous-région», a-t-il affirmé.  Pour lui, il n’est pas honorable que l’amélioration de l’existence morale et matérielle des travailleurs soit un vil slogan destiné à endormir les consciences pendant que les ressources sécrétées par leur exercice sont gaspillées à entretenir ceux qui travaillent le moins.
Face à ces nombreuses atteintes au droit du travail, l’UNTM, assure son secrétaire général, n’entend pas entériner dans un silence complice.  Yacouba Katilé de rappeler que l’UNTM est prête à œuvrer avec tous les syndicats «sérieux» pour mener une véritable croisade contre la cherté de la vie, la corruption, le gaspillage des ressources publiques, afin de perpétuer l’esprit du 26 mars 1991. L’unique agenda de l’’UNTM, a-t-il conclu, c’est d’œuvrer à mettre l’intérêt du Mali et des travailleurs au-dessus de tout.
Aboubacar Berth
 Merci de votre fidélité et de votre soutien §
Bernard