lundi 3 novembre 2014

N° 31 : "LA PLUIE...... C'EST FINI !"


Manque une roue? Ya pas d'problème, ça roule quand même !
 
Bonjour à toutes et à tous:
Depuis plus de trois semaines, il n'y a plus de menace d'orage, et les pluies sont finies.....il faudra attendre le mois de Mai ou Juin, pour voir l'eau tomber du ciel ! Même si le fleuve est haut (régulé par le barrage de Markala), et permet aux rizières de produire, nous venons de commencer la saison sèche.
Après un mois d'octobre un peu difficile (à cause de la moiteur) nous sommes maintenant dans la "bonne période": soleil et pas trop de chaleur! La saison propice pour le tourisme ! Je me prépare à accueillir des Vendéens en décembre, puis d'autres en Janvier, puis d'autres en Février: ça nous permet (à Vincent et moi) de rêver de Fromages, chocolat et saucisson !
Pour ma part, le rêve va vite devenir réalité, car je dois passer 2 semaines en Europe (France et Italie), ce qui va me faire une absence de Mopti pendant 3 semaines.
Déchargement d'un camion devant la Mission Catholique! Au fond du camion, il y a des tôles pour nous !!
Les nouvelles ici, ce sont surtout:

- DES VISITES SORTANT DE L'ORDINAIRE
   = FRANCIS: Un Français (entre 55 et 60 ans)  venant de Chambéry....en vélo ! avec , pas mois de 50 kgs dans les 4 sacoches ! Il a en projet de faire le tour du monde, et s'entraine en faisant "un petit tour en Afrique", en arborant fièrement un drapeau Catalan (origine de ses grands parents). IL a passé 4 jours chez nous; ça été l'occasion de bons partages!
On "donne la route à Francis" pour le Pays Dogon
   = GIGA: un jeune Slovène de 24 ans. Lui c'est la marche à pied et le stop! IL a traversé Italie, France, Espagne, Maroc et même la Mauritanie: 6 mois de promenade , seul.... Il a pris la route du Burkina, en passant par le pays Dogon, et il a pris un billet d'avion pour rentrer chez lui à Noël ! L'Aventure, avec un grand "A" !
Giga (décontract) avec Vincent

   = Sr SABRINA : supérieure générale de la congrégation des "soeurs ouvrières de la maison de Nazareth" (congrégation Italienne qui vient de s'implanter au Mali) et qui a le projet de soutenir fortement la JOC. On a beaucoup partagé. On se retrouve dans les même perspectives pastorales !
Sr Sabrina (Supérieure Générale, récemment élue)

- UNE SESSION PASTORALE DE RENTREE:
    Pendant 3 jours, du 28 au 30 octobre, nous avons vécu la session pastorale de rentrée  (avec tous les prêtres et religieuses disponibles). Cela a été surtout l'occasion de préparer les festivités du 50ème anniversaire du diocèse qui doivent avoir lieu les 13 et 14 décembre prochains !
les participants  pour la photo de famille
Vincent est venu se présenter lors de la session (le 3ème jour)


- DES EVENEMENTS CHEZ NOS VOISINS:
   = EPIDEMIE  D'EBOLA: Guinée, Libéria et Sierra Léone sont les pays les plus touchés. Un cas d'une fillette (décédée rapidement) a été décelé au Mali. Y-a t-il d'autres cas ??? Cela est l'occasion de sensibilisation des populations. Avec la JOC , des équipes de jeunes se posent des questions, sur le sens de ces épidémies et catastrophes (une tornade de vent a fait de gros dégâts en septembre).... ça va être l'occasion de faire Révision de vie! (affaire à suivre!)
Interviewé par les services nationaux des médias catholiques, sur l'évolution de l'Eglise.
   = REVOLUTION AU BURKINA : En 48 heures, mais avec des mois et années de préparation et de contestation, le Burkina a changé de régime....Ce sont nos plus proches voisins. Les gens ont des amis et de la famille au Burkina. Nous suivons cela, heure par heure, jour par jour..... et espérons, comme eux, une évolution le plus démocratique possible.


 - DES OCCUPATIONS
   = recherche d'un terrain pour le "projet RIZ-JOC"

sur un terrain possible, au bord du Fleuve Niger
 
  = le début des travaux pour le local destiné à devenir "LA MAISON DU MIGRANT". Les travaux ont commencé et avancent assez vite. L'inauguration pourra se faire à la mi-janvier, comme prévu.
Élagage en "toute sécurité"

début des travaux de rénovation
  
 =  Travail de rédaction et de mise en page des journaux diocésains de la JOC et du MMTC. Une nouveauté pour ces deux mouvements, qui sortent leur numéro 1, dans les mêmes semaines.


imrpimés à 80 exemplaires

le journal JOC (en Bleu) et MMTC (en jaune)



MERCI DE VOTRE SOUTIEN et de L’INTÉRÊT QUE VOUS PORTEZ  AU MALI et à l'AFRIQUE !









lundi 6 octobre 2014

N° 30 : LE TEMPS DES PLANTATIONS


Boureima vous écoute et vous reçoit cinq sur cinq
Bonjour à tous et à chacun.

La vie continue à Mopti. Le mois de septembre s’est passé calmement ! Presque pas de réunion… J’en ai profité pour faire l’état de lieux de trois grands projets (plantations ?)  en cours :
-          - Rénovation et agrandissement de la cathédrale
-          - Aménagement d’un terrain (avec la JOC) pour une action d’auto-financement (Rizières + jardinage)
-         -  Réparation et aménagement d’un bâtiment pour en faire « une maison du migrant »
Ce mois a été aussi l’occasion pour accueillir la « famille Malienne  de Bamako » :
-  Félicité (étudiante) a donné de son temps tous les jours pour commencer l’alphabétisation avec  trois employés de la Mission, et s'est familiarisée avec son ordinateur tout neuf !
Pendant qu'Angéline joue aux petits chevaux,, Félicité navigue dans son ordinateur

Angéline (8 ans) a appris à nager et à faire du vélo. 
-
entre le vélo.....


.....et la piscine !
- Alexandre s'est risqué (avec ma voiture) pour des cours de conduite auto….. 
- Serge (enseignant) est revenu du village pour aider son copain Luc dans la rizière et pour préparer sa rentrée scolaire.
Serge dans la rizière de Luc
A propos de rentrée scolaire….elle était prévue le lundi 29 septembre…. Mais la Tabasky (Aïd el Firt = fête du mouton) étant prévue le dimanche 5 octobre…. On ne commencera l’école que…le mardi 7  (demain) ! Inch Allah !
2 octobre : visite de deux Vendéens, habitant des Essarts : Daniel et son Fils Vincent = ce dernier ayant le projet de rester au Mali pour 8-9 mois dans le cadre d’un travail bénévole. Avec eux, visites obligatoires auprès des autorités ecclésiales et de l’enseignement.
visite chez l'évêque, Monseigneur Georges

DIMANCHE 5  OCTOBRE : Un collègue et ami de Serge, de religion musulmane et enseignant avec lui dans l’école catholique, nous a invités pour fêter la Tabasky. Bien sûr le mouton a été sacrifié, et était bon !
David (séminariste stagiaire) et Serge dégustant le repas de Tabasky
Ci-dessous, deux articles de journaux, pour vous aider à comprendre la situation politique dans laquelle vit le Mali aujourd’hui…. Et vous verrez que « rien n’est simple, et que tout reste à construire ! »
«Non au fédéralisme, non à l’indépendance, non à l’autonomie, oui à l’intégrité du Mali. Vive le Mali uni avec toutes ses diversités…», Tels sont les slogans qu’on pouvait lire ce jeudi 18 septembre 2014 sur les pancartes de plus d’un millier de marcheurs qui ont pris d’assaut les rue de la capitale des Askias(Gao), principale ville du septentrion malien situé à plus de 1210 Km de la capitale. Une manifestation contre toute forme de division de notre pays. Un pied-de-nez aux groupes armés qui montent la surenchère à Alger…
Au moment où les groupes armés torpillent les négociations directes à Alger, le médiateur algérien et le gouvernement du Mali doivent, désormais, faire face à une pression supplémentaire.
A savoir, la colère des populations maliennes qui n’hésitent plus à descendre dans la rue à travers le pays pour protester contre la signature de tout Accord qui ne respecte pas l’intégrité du pays. La dernière en date, est cette marche organisée hier 18 septembre 2014 par la coordination des mouvements de résistance dans la cité des Askias qui regroupe : le Gandakoy, le Ganda Izo, le MAA, les Associations de jeunes, les femmes, et autres corporations socioprofessionnelles etc.
Cette marche pacifique avait pour but de montrer à la communauté internationale que les populations de Gao ne sont ni de près ou de loin  associées aux revendications des indépendantistes et autres aventuriers qui crient à leur nom et à leur place à Alger. 
En effet, dans cette grande ville du septentrion malien, les populations se sont soulevées contre toute idée de fédéralisme, d’autonomie ou d’indépendance du nord de notre pays. En effet, dans un protocole, dit d’entende, signé le 12 septembre 2014, des groupes armés se sont mis d’accord sur un nouveau statut politique pour l’ensemble des trois régions du nord du Mali (Gao, Tombouctou, Kidal). Il s’agit de la coordination des Mouvements de l’Azawad regroupant le MNLA, HCUA, MAA dissident et CM-FPR 2, ainsi que les mouvements politico-armés signataires de la plateforme d’Alger (MAA et CPA).
Ce document prévoit dans son premier article: «un statut politique et institutionnel de l’Azawad à travers un système fédéral à faire reconnaître par l’Etat malien et la communauté internationale». Ainsi, à travers cette marche, la coordination des mouvements de résistance, vise à «montrer à l’opinion internationale que Gao n’a jamais demandé d’autonomie ou de fédéralisme», a indiqué Abdoulaye Boncana Maïga, le président des jeunes patriotes de Gao. C’est également «une manière de soutenir le président de la République dans sa volonté de maintenir le Mali uni », a-t-il ajouté.
Avant de conclure : «Nous disons non à toute forme de partition du Mali». Cette marche est partie de la place des martyrs (2ème quartier) pour prendre fin à la place de l’indépendance en face du gouvernorat sans heurts majeurs. Selon Boubacar Hama, l’un des marcheurs que nous avons pu joindre sur place, la marche s’est déroulée sans heurts majeurs. Une déclaration à été remise au gouverneur de la région pour qui de droit.  
Abdoulaye Ouattara Source: Lerepublicainmali 
Pour la fête de la Tabasky, nous avons été invités chez Konipo
Il y a quelques jours, des marches ont été organisées par le Mnla dans différentes communes pour soutenir les revendications d’indépendance de leurs représentants à Alger. A Ménaka, des vignettes « Etat de l’Azawad » sont vendues aux motocyclistes pour 5000 Fcfa, afin de pouvoir circuler. Samedi dernier, le 13, lors de la marche à Kidal, le Mnla a exigé que les commerçants Sonraïs ferment leurs boutiques et les rejoignent. Le lundi 14, à Ménaka, des « cartes d’identité nationale Azawad » ont dû être mises en circulation, avec l’intention probable de chasser ceux qui ne pourront pas la présenter. Il est clair qu’en l’état actuel de la situation dans le nord, « ou ça passe ou ça casse. Si les accords signés ne sont pas satisfaisants, le risque de guerre civile est inévitable ». Il faut que tous ceux qui sont au chevet du Mali le comprennent. Si jamais un autre Etat était installé ici, les communautés très largement majoritaires dans le septentrion ne l’accepteraient pas. Le Secrétaire général de la plateforme des cadres de Gao a même prévenu en disant qu’il faudra alors « s’attendre à un éboulement dans le Sahel ! » Lisez plutôt !
Si l’état civil fonctionne correctement à Gao, l’Etat est totalement absent des 3 communes nomades de la région de Gao. Les mairies qui avaient été remises en route progressivement en 2013, ne fonctionnent plus depuis les affrontements de Kidal, le 21 mai. Soit les fonctionnaires ont fui, soit ils refusent de reprendre fonction. Ils craignent « les nouvelles autorités » qui les administrent.
Par exemple, à Djebok, c’est le Mnla. À Tilemsi, c’est le Hcua. Dans les 7 communes du cercle de Ménéka, les entrées, les sorties, et l’administration sont contrôlées par le Mnla. De très nombreuses écoles des communes nomades n’ont jamais re-fonctionné. Il y a des enfants qui n’ont pas eu classe depuis bientôt 3 ans. On peut se demander ce que ces groupes armés veulent en empêchant la scolarisation des enfants maliens. Depuis le 21 mai, le Mnla se répand sournoisement hors de la région de Kidal, jusque dans les communes proches de Gao. Les gens se disent que, sans ces affrontements, on n’en serait pas là. Ils ont perdu confiance en l’armée malienne, en Serval, et en la Minusma, car toutes ces forces étaient présentes sur le terrain. Ils doutent aussi de l’efficacité des différents cessez-le-feu, puisque les signataires peuvent ne pas les respecter. Les populations ont pris conscience qu’il fallait qu’elles se prennent en charge elles-mêmes d’un point de vue sécuritaire. Toutes les communautés qui ne font pas partie du Mnla se sont retrouvées pour débattre. Elles en ont conclu que la première étape était leur propre cohésion sociale, leur propre entente intercommunautaire, c’est-à-dire entre Arabes, Maures, Peuls, Sonraïs et Touareg etc., mais aussi entre sédentaires et nomades. Elles ont décidé de faire front ensemble pour se défendre elles-mêmes face à la menace. Elles se sont bien armées et attendent ensemble.
Depuis le lancement de Serval, on évoque la nécessité de rendre justice à ceux qui ont été victimes d’exactions depuis janvier 2012. Rien n’a jamais été amorcé sur place. Mais, les gens sont patients. Grâce aux nombreux forums qu’ils ont tenus à Gao comme à Ansongo, ils ont compris les priorités. Certains criminels, qui ont commis des actes ignobles, sont de retour en ville. Les gens les ont rencontrés. Les choses leur ont été dites. Les sanctions pénales et le pardon viendront. Tout viendra en son heure. Quand on a beaucoup attendu, on peut attendre encore un peu. Personne n’oublie. La paix définitive ne sera construite que sur la justice, mais il faut d’abord arriver au seuil de la paix. Les populations attendent la paix aussi pour exiger qu’on leur explique pourquoi certaines choses ont eu lieu, et pourquoi on a laissé faire. Pourquoi, le 1er juin 2013, des Noirs ont pu être expulsés de Kidal ? Pourquoi et comment les événements ont pu avoir lieu les 17 et 21 mai derniers à Kidal ? Les gens veulent savoir, mais ça peut attendre après la paix.
La Minusma et la force Serval sont très critiquées. Les populations ne voient aucun impact de la Minusma sur le terrain, malgré l’abondance de leur matériel. Ils ne comprennent pas pourquoi telle ou telle chose est faite, ou pas faite. Il faudrait que cette force onusienne explique aux gens. Même si certains reconnaissent que c’est Serval/Barkhane qui peut faire barrage à un retour des groupes armés en ville, tout le monde constate que cette force favorise les indépendantistes au détriment des populations. Par exemple, le jeudi 11 septembre, des Arabes conduisaient des malades d’un de leurs villages vers l’hôpital de Gao. Des éléments de Barkhane les ont interpellés et emmenés, laissant les malades sur place. C’est l’armée malienne qui a dû conduire les malades à Bourem pour les faire soigner. Les gens se posent des questions et ne comprennent pas l’attitude de ces soldats français, donc celle de la France. Ils n’hésitent pas d’aller jusque dans leurs camps pour le leur dire ouvertement. Ici, les populations savent que la réoccupation armée des régions rode en brousse. Elles le constatent.  Elles savent que samedi dernier, le 13, lors de la marche à Kidal, le Mnla a exigé que les commerçants Sonraïs ferment leurs boutiques et les rejoignent. Une « bousculade » a eu lieu. Un véhicule transportant des femmes et des enfants Sonraïs a été renversé. Il y a eu un mort et des blessés. Le lundi 14, à Ménaka, des « cartes d’identité nationale Azawad » ont dû être mises en circulation, avec l’intention probable de chasser ceux qui ne pourront pas la présenter. Tout ceci les gens le savent, et sont extrêmement préoccupés. C’est pour ça qu’ici, les populations sont suspendues à ce qui se passe à Alger.
On parle beaucoup de la société civile dans la presse, or, cette expression induit les lecteurs en erreur. Ces gens ne représentent pas les communautés, ils ne peuvent pas parler en leur nom, car ce ne sont que des délégués d’associations. La preuve, avant la reprise des négociations, Modibo Keïta, le haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien, a écrit au gouverneur de Gao pour lui dire qu’il fallait envoyer deux représentants des communautés, qui devraient être choisis, après concertation, parmi les femmes, les autorités traditionnelles coutumières, les notables, les marabouts et les jeunes, et qui devaient être impérativement désignés parmi ceux restés sur place pendant l’occupation. La concertation a eu lieu chez le gouverneur, entre des délégués venus d’Ansongo, Bourem, Ménaka et du cercle de Gao. C’est un jeune et un cadre des chefs coutumiers, qui ont été choisis. Avant de partir, le jeune a rencontré toutes les organisations de jeunes ici. Il leur a présenté la feuille de route. Il a collecté toutes leurs propositions pour porter la voix des jeunes de Gao à Alger. Les femmes soutiennent ces deux représentants. Il est important de noter que ces deux là resteront tout le long des débats, contrairement à la « société civile », qui a déjà dû quitter les pourparlers pour repartir à Bamako.
D’autre part, des limites avec la région de Tombouctou jusqu’à la frontière avec le Niger, toutes les communautés se sont cotisées pour également apporter leur soutien aux groupes armés non séparatistes qui partaient négocier à Alger. Elles leur font confiance. Les populations gardent espoir que ces négociations aboutissent à un accord porteur de stabilité, mais elles craignent que ce ne soit qu’un accord de plus, qui, comme les précédents, en 1991, 1992 et 2006, n’amènera pas une paix définitive. Il est clair qu’en l’état actuel de la situation dans le nord, « ou ça passe ou ça casse. Si les accords signés ne sont pas satisfaisants, le risque de guerre civile est inévitable ». Il faut que tous ceux qui sont au chevet du Mali le comprennent. Si jamais un autre Etat était installé ici, les communautés très largement majoritaires dans le septentrion ne l’accepteraient pas. Le Secrétaire général de la plateforme des cadres de Gao a même prévenu en disant qu’il faudra alors « s’attendre à un éboulement dans le Sahel ! »  Le terrorisme international n’attend que ça.
Françoise WASSERVOGEL                                             Source: Zénith Balé
devant la moto-pompe achetée pour le projet "Riz-JOC"
Merci d’avoir lu jusqu’au bout !
Merci de votre soutien moral, spirituel, ou matériel.













dimanche 7 septembre 2014

N° 29 RETOUR AU MALI 7 SEPTEMBRE 2014


vue depuis la mission catholique: le fleuve Bani qui se jette dans le Niger


le fleuve est poissonneux

LES NOUVELLES :
1-      Bien arrivé au Mali, sans encombre. Le voyage s’est fait sans histoire même si j’ai dû attendre près de 10 h dans l’aéroport de Casablanca. C’est l’inconvénient des voyages moins chers !
2-      En passant à Bamako, j’ai pu assister à la messe de clôture (3h durant !) du chapitre des religieuses (Filles du Cœur Immaculé de Marie), la seule congrégation née au Mali. Une nouvelle équipe, un « nouvel état-major », comme a dit l’évêque a été désigné : 5 religieuses jeunes (toutes entre 40 et 50 ans). La supérieure générale s’appelle Esther THERA, originaire du pays Bobo : une  première dans l’histoire de cette congrégation qui compte une centaine de religieuses.
3-      Dernière semaine d’Août, le Mali s’inquiète avant l’ouverture des négociations avec les groupes rebelles du Nord, Le Président de la république (Musulman, dans un pays laïc) invite tous ses concitoyens à unir leurs prières pour la paix. Le vendredi 29, il va en délégation à la grande mosquée, et le dimanche 31 août, il se déplace avec 5 de ses ministres (tous musulmans) pour la grand’messe à la cathédrale.
4-      Je suis arrivé à Mopti le lundi 1 septembre : Rien de bien changé ! Les amis, heureux de m’accueillir, en disant « bonne arrivée ! Comment vont les amis là-bas en France ? Comment va la famille ? ». Je n’ai pas fait route tout seul, je suis venu avec Judith et sa petite fille Angéline, et aussi la nièce Félicité, étudiante en vacances et qui voulait visiter le Mopti et le pays Dogon, et aussi se rentre utile. Du coup, j’ai eu l’idée de commencer l’alphabétisation avec les trois employés qui sont à la mission : Brouhaima (le cuisinier), Emma (la femme de ménage) et Awa (l’aide-ménagère des religieuses). Quelle joie de les voir commencer ensemble cette aventure !
la joie de commencer l'alphabétisation

5-      Une nouveauté dans les nominations. Henri (le prêtre avec qui je vivais) va partir et est nommé dans la ville toute proche de Sévaré. De même, François, le séminariste-stagiaire a fini son temps ici.  Et vont venir vivre dans la maison : Sylvain SOMBORO qui termine ses trois années en Vendée, et un certain David TOGO, grand séminariste (pour un an) que je ne connais pas.
6-      5 septembre, à 11 h, coup de téléphone de l’évêque qui m’invite à l’accompagner pour accueillir le ministre du culte. En effet ce dernier est de passage à Mopti et souhaite saluer les responsables religieux des différentes confessions. Notre délégation (Chrétiens catholiques) se fait remarquer en étant la seule à être composée d’hommes et de femmes, de Noirs et de Blancs !
l'eau commence à rentrer dans les rizières

7-      Ci-dessous, un article de presse pour tenter de vous aider dans la compréhension de la situation au Mali ! Bonne lecture. Et à plus, pour vos nouvelles par mail.

ARTICLE DE PRESSE
Longtemps hésitant, le président IBK s’est définitivement résolu à négocier avec les groupes armés depuis la cinglante défaite infligée aux troupes maliennes, le 21 mai 2014 à Kidal. Les négociations, qui ont débuté il y a quelques semaines, se poursuivront en septembre 2014 sous l’égide de l’inévitable voisin algérien qui, déjà, fut le parrain des précédents accords de Tamanrasset en 1991 et d’Alger en 2006.

Le Mali se plie aux quatre volontés de l’Algérie
Malgré l’échec des accords antérieurs, l’Algérie parvient, encore cette année, à imposer sa médiation dans la crise malienne, éclipsant, au passage, les tentatives du rival marocain de s’immiscer dans le dossier. Si l’Algérie pèse d’un si grand poids dans l’affaire, c’est pour de nombreuses raisons.
D’abord, elle partage plusieurs centaines de kilomètres de frontières avec le Mali; ensuite, elle entretient des liens divers avec les jihadistes maliens, notamment avec Iyad Ag Ghali, le leader d’Ançar Dine. Enfin et surtout, l’Algérie est la première puissance militaire du Maghreb: sans son soutien, la France n’aurait jamais pu libérer le nord malien en 2013 ni ne pourrait, aujourd’hui, continuer à contrôler ce vaste territoire qui, bien vite, deviendrait un foyer d’attentats.
Par conséquent, les Français, avant de s’engager militairement au Mali, se sont vus obligés (nous l’évoquions dans nos précédentes livraisons) de passer avec l’Algérie un pacte permettant à ce pays de continuer à déverser dans le nord malien, notamment à Kidal et environs, les activités de ses propres groupes terroristes, dont la trisqtement célèbre AQMI. Une manière, pour l’Algérie, de faire régner la paix à l’intérieur de ses frontières après une décennie de lutte sanglante contre les jihadistes.
Alors opposant, donc dans le camp de la facilité, IBK s’est, en 2006, bruyamment élevé contre l’accord d’Alger, le jugeant attentoire à la souveraineté nationale.
Devenu chef de l’Etat, il se rend à l’évidence : l’Algérie est incontournable. IBK vient d’ailleurs d’adresser au président Abdelaziz Bouteflika une lettre fort édifiante sur la soumission du Mali aux quatre volontés algériennes. Dans ce courrier daté du 20 juin 2014, IBK salue l’« attitude pétrie d’amitié, de fraternité et de solidarité » de l’Algérie; mieux, le président malien adresse ses « vifs remerciements » à Bouteflika pour « la précieuse contribution qui a permis d’engager les mouvements armés dans la dynamique de la paix et de la négociation avec le gouvernement du Mali ». Tout en transmettant à Bouteflika la feuille de route élaborée par le Mali dans le cadre des négociations, IBK lui demande, tenez-vous bien !, de l’« enrichir » en lieu et place du Mali: « Je vous serai reconnaissant de le faire enrichir par l’expertise de vos techniciens et de le soumettre à l’examen des groupes armés et des représentants du gouvernement qui, en la circonstance, seront réunis par les soins de la partie algérienne à Alger à la date de votre convenance ».
En clair, le courrier montre que le Mali accepte, à l’avance, ce qu’aura décidé la toute-puissante Algérie ! Ce douloureux constat donne, bien entendu, raison à Tiéblé Dramé, leader du PARENA, qui, il y a quelques jours, affirmait dans la presse que le Mali avait « abandonné sa souveraineté à l’Algérie ».

Les groupes armés en position de force
Les groupes armés du nord n’ont accepté que du bout des lèvres le cessez-le-feu après leur victoire militaire à Kidal. Il a fallu que la France et l’ONU déploient des trésors de diplomatie pour convaincre le HCUA, le MNLA et le MAA de surseoir à l’usage des armes et de rentrer le processus de dialogue politique prôné par la communauté internationale. IBK lui-même avait craint le pire au point de renouer avec l’ennemi intime mauritanien.
Alors que sous la Transition, le Mali avait refusé le déploiement, au nord, de soldats mauritaniens sous la bannière de la MINUSMA,  IBK s’est hâté de dépêcher le chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, à Kidal pour arracher un cessez-le-feu aux groupes armés.
Certes, les groupes armés ont mis l’arme au pied; mais ils n’en ont pas moins gardé de précieux atouts de négociation.
Partant du principe que Kidal, leur fief, ne saurait prospérer sans débouché sur le fleuve Niger, ils ont poussé leur occupation militaire jusqu’à Faffa, ville  riveraine du fleuve située dans la région de Gao. Les abords d’Ansongo, région de Gao, sont infestés de combattants rebelles qui font déjà la loi à Ménaka, à Aguelhok et à Tessalit.
Du point de vue politique, les groupes armés négocient également en position de force en faisant valoir que c’est le Mali qui a déclenché les hostilités le 21 mai 2014.
Enfin, ils ont des alliés puissants comme la France, l’ONU, la Suisse, la Belgique et le Qatar qui leur offrent des subsides et ont, avant même les combats du 21 mai 2014, empêché Kidal de retourner dans le giron malien, toutes choses qui violent la résolution 2100 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Parallèlement, le gouvernement malien, drogué à l’aide internationale, est fragilisé par la suspension des financements du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne : en l’absence d’accord global avec les rebelles, le pays devra longtemps faire son deuil de l’argent frais en provenance de ces bailleurs de fonds.
C’est en considération de ces paramètres qu’IBK a fait savoir au médiateur algérien qu’il était prêt à signer tout accord qui préserverait l’intégrité du territoire national et la laïcité de l’Etat.
Pour bien marquer sa disponibilité au dialogue, il a fait libérer au pas de course tous les rebelles – séparatistes oujihadistes - qui croupissaient entre les mains de la justice malienne. Il est vraiment loin, le temps où IBK martelait qu’il ne permettrait à aucun rebelle de « négocier d’égal à égal » avec lui, ni encore moins, de le« trimbaler »...

Les doléances des  groupes armés
Encouragés par les atouts qu’ils détiennent, les rebelles viennent de  peaufiner leurs doléances qu’ils remettront, à très bref délai, au médiateur algérien.         
Ils demandent trois choses:
- l’intégration de  3.000 combattants dans l’armée malienne;
- l’octroi du grade de général à  100 de leurs officiers;
- l’institution d’un statut particulier pour l’ensemble des trois régions du nord (Kidal, Gao et Tombouctou).
Fait remarquable, il appartiendra aux rebelles, et non au gouvernement malien, de proposer les noms de ceux qui doivent intégrer l’armée ou bénéficier du grade de général.
Ce sera donc là l’occasion d’envoyer dans l’armée tout ce que le nord compte de bergers et de chômeurs touaregs ou arabes. Autre exigence rebelle: l’armada des intégrés restera dans le nord; de surcroît, tout corps d’armée typiquement malien qui sera positionné au nord sera commandé par un Touareg ou un Arabe.
Quant au statut particulier des régions du nord, ils comptent l’exploiter de manière à séduire la population locale dans l’optique d’un futur référendum d’autodétermination qu’ils pourraient réclamer dans cinq ans.
Ils en auront peut-être les moyens car ils exigent aussi l’affectation aux régions du nord de 60% des ressources minières qui y seront découvertes.
Tiékorobani                                                             Source: Procès Verbal  - le 19 août 2014
le centre artisanal (tout neuf) entre Mopti et Sévaré, inauguré la semaine passée