dimanche 18 octobre 2015

N° 40 : CHAUD ET FROID … ET BONNE CHALEUR !

sur le fleuve Bani, un arbre....en fleurs  ??? Non !

un arbre recouvert d'oiseaux
C’est depuis Rome, que je vous écris cette nouvelle page de Blog. Arrivé hier (15 octobre), j’ai enfin trouvé une température clémente ! Je suis ici pour deux semaines, pour faire le point de la situation des JOC d’Afrique de l’Ouest et Centrale et bâtir le programme d’année.
un repas ordinaire à la ci-joc, avec autour de la table, Jules accompagnateur Béninois / Joël, permanent Portuguais/ John, Prêtre Anglais/ Amélie Présidente Internationale, Française/ Monicah, Permanente Kényane /  évêque Éthiopien/, moi-même et Albert, accompagnateur Maltais!
Après avoir quitté Bamako et ses 39°, je suis arrivé à Paris dans un froid glacial…. Perdu 30° au moins en 24 heures ! Du coup, je suis en train de soigner un début de bronchite… mais le climat de Rome étant bon, je devrais y arriver sans problème !

QUOI DE NEUF DEPUIS LE DERNIER BLOG ?
-          J’ai fait mes valises et fait « la passation de services ». Ranger les dernières affaires, remuer de vieilles poussières, ce n’est pas toujours le plus agréable… mais c’est fait ! Ma grande joie, a été de faire le bilan de mes responsabilités, d’en faire une synthèse (de 14 pages) et de pouvoir discuter de tout cela avec l’abbé Jeannot TEMBELY qui a été nommé pour la JOC-MMTC et pastorale des migrants. Une rencontre pleine d’espérance.
passation de services avec Jeannot TEMBELY
lors de la messe d'au-revoir à Mopti.
-          J’ai fêté mon départ et mis en place les structures pour l’avenir. Avec les différents groupes, la communauté chrétienne de Mopti, mais surtout avec les amis plus proches, j’ai pu fêter mon départ, en se disant que c’est surtout un « au revoir pendant quelques mois ».

en cadeau : une chemise nouvelle !

repas de fête avec des brochettes
avec l'équipe de Riz-JOC sur le terrain
Et avec les Sœurs de Jésus Ouvrier, j’ai pu mettre sur pied des structures pour que le projet « RIZ-JOC », par exemple, puisse continuer convenablement.

repas de fête et d'au-revoir


-          J’ai fait halte à Ségou et visiter les amis : départ le mercredi 8 au matin…. J’ai fait halte à Ségou, dans la communauté de Paulette (amie de longue date) et chez un ami de Vendéens, un certain Salif qui habite aux bords du fleuve Niger, avec toute sa nombreuse famille.
Salif et une partie de sa famille
-          J’ai trouvé un « pied à terre » à Bamako : en arrivant à la capitale, j’ai été accueilli à la Cathédrale où le curé, l’abbé Timothée est un ami. Là, j’y ai une petite chambre de passage. C’est suffisant, du moment que j’y ai la connexion internet (aujourd’hui indispensable quand on fait un travail international)
Ci-dessous un article de presse, pour vous préparer (si vous êtes en France) à mieux vivre et comprendre le sens d’une visite :
le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, effectuera une visite d’Etat, du 20 au 24 octobre prochain, à Paris.
C’est la toute première fois qu’un président malien  effectue une visite d’Etat en France, depuis l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. C’est l’Ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson, qui a fait la révélation au sortir d’une rencontre avec le Premier ministre, Modibo Kéita. Selon le diplomate français, à cette occasion, les Champs Elysées seront pavoisés aux couleurs du drapeau malien ainsi que tous les bâtiments publics français. 
Au cours de cette visite, il est prévu un tête-à-tête entre le président français, François Hollande et son homologue malien ; un dîner d’État à l’Élysée ; un rendez-vous à Matignon avec Manuel Valls ; puis avec Jean-Yves Le Drian, Claude Bartolone (président de l’Assemblée nationale) et/ou Gérard Larcher (celui du Sénat). Il y a aussi en vue une rencontre avec Anne Hidalgo, la maire de Paris…
Ancien étudiant à la Sorbonne, IBK y donnera une conférence et recevra les honneurs militaires aux Invalides, avant d’être reçu au siège du Medef. Enfin, une visite est prévue à l’ossuaire de Douaumont, en hommage à son grand-père tué à Verdun pendant la première Guerre mondiale, alors qu’il combattait dans l’armée française.
Ce sont des centaines de milliards de FCFA qui seront annoncés à l’issue de  la rencontre de l’OCDE  qui sera co-présidée par IBK et Hollande, le 22 octobre prochain. 
Des honneurs et des honneurs, et sans nul doute le temps pour le président malien d’oublier un peu le carcan de son pays. Donc une véritable catharsis. 
Sauf que les Maliens se demandent ce que valent tous ces honneurs de la puissance coloniale au 6e président du Mali indépendant. Est-ce à dire que c’est le président le plus méritoire que le Mali n’a jamais connu ? 
Certainement pas pour les Maliens, lesquels dans leur écrasante majorité vous diront que le père de l’indépendance, Modibo Kéita, est de loin le président le plus aimé pour ce qu’il a fait. Un président qui a légué un Mali réellement indépendant mais qui est aujourd’hui dans la ‘’dépendance’’. Un confrère écrivait que le Mali est passé de l’indépendance à la dépendance. Le doyen Seydou Badian Kouyaté martelait que si Modibo était là, la Minusma ne serait pas là. 
dans les rues de Rome
Pour autant, c’est le président actuel de ce pays qui sera auréolé par autant d’honneurs, de célébrations d’amitié par la France. La France d’un certain Charles De Gaule qui disait en son temps que son pays n’a pas d’amis, mais n’a que des intérêts. Et puisque cette assertion semble être toujours d’actualité à l’hexagone, on pourrait dire que la France a, enfin, pu sauvegarder ses intérêts au Mali où elle est engagée depuis 2013, officiellement, dans une guerre contre le terrorisme. Beaucoup de Maliens pensent qu’IBK a beau être ami de longue date de François Hollande, Michel Tomi ; il a beau aimer la Sorbonne, il ne pouvait pas être autant célébré. 
L’explication est donc à chercher ailleurs. Peut-être dans la gestion de la crise malienne. La gestion de la crise malienne a été bonne à en croire l’Ambassadeur de France au Mali, Gilles Huberson, lequel soutient que la sortie de cette crise a été rapide et exceptionnelle. ‘’C’est une première  pour le Mali qui est ainsi honoré et, à travers  lui, son président, Ibrahim Boubacar Kéita, qui entretient de solides relations d’amitié et de fraternité  avec son homologue français, François Hollande’’, écrivait le jeudi un confrère. 
A la veille du dernier round des pourparlers ayant abouti à cet Accord, le président Hollande prévenait qu’il voulait un accord maintenant. Le message fut adressé à IBK et aux chefs rebelles de la CMA. L’accord a été alors accouché et depuis la signature de cet accord, tout semble aller sur des roulettes. 
Des missionnaires du gouvernement malien sont bien accueillis à Kidal pour étudier les besoins de la population ; la CMA et la Plateforme qui célèbrent la paix des braves à Anefis ; le ministre français des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin qui vient annoncer à Bamako l’annulation d’une grosse dette française envers le Mali ; le FMI qui n’est plus aux trousses du gouvernement malien ; le couperet Tomi rangée dans les placards et l’apothéose sera bien entendu la visite historique d’Etat du président IBK en France. 
On apprend même qu’au cours de cette visite, la France va verser 300 millions d'euros supplémentaires d'aide au Mali. Soit 196,5 milliards FCFA. 300 millions d'euros supplémentaires d'aide au Mali, notamment pour le développement du nord du pays. «On va annoncer environ 300 millions d'euros jusqu'en 2017, dont une partie substantielle pour le Nord, où l'ex-rébellion à dominante touareg et les groupes armés pro-gouvernementaux viennent de sceller la paix », a déclaré le vendredi une source diplomatique française.
Cette somme, dont le versement va s'étaler de la mi-2015 à la fin 2017, s'ajoutera aux 300 millions d'euros de prêts et aides déjà accordés par la France lors de la conférence des donateurs pour le Mali en mai 2013 à Bruxelles. La France présentera cette nouvelle aide lors d'une conférence de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) pour la relance économique et le développement du Mali, jeudi, à Paris.
IBK a été reçu à plusieurs reprises en France depuis son élection, notamment lors d'une visite officielle en octobre 2013, mais il aura droit cette fois-ci à tous les honneurs d'une visite d'Etat.
La visite d'Etat du président malien «tombe à un moment important dans le règlement de la crise malienne avec une accélération de la mise en œuvre des accords d'Alger depuis septembre après des débuts difficiles cet été», a souligné la source diplomatique française.
On comprend bien qu’il y a bien une relation de cause à effet par rapport à cet Accord pour la paix. 
Sa signature nous vaut aujourd’hui une célébration par la France. Un accord dans lequel beaucoup de Maliens, notamment l’opposition, voient les germes d’une future partition du pays. 
« Malgré les dénégations du président et  du gouvernement il n'y a pas l'ombre d'un doute : l'Accord d'Alger fera du Mali (s'il est appliqué tel quel) un État fédéral. Dans cette nouvelle fédération du Mali, les  Régions-États seront dirigées par des présidents élus au suffrage universel direct qui sont à la fois chefs du législatif, de l'exécutif et de l'administration. Or la démocratie repose sur la séparation des pouvoirs et la décentralisation  est synonyme d'organisation des contre-pouvoirs locaux », disait Tiébilé Dramé le 9 octobre 2015 à la Maison de la presse.
C’est peut-être pour cette raison que le rebelle Mahamadou Djéri Maïga félicitait le 20 juin 2015 au CICB, le président IBK pour avoir réalisé ce qu’aucun de ces devanciers n’a pu faire ! Un rebelle qui ne jure que par la partition du pays qui félicite un président de la République pour avoir signé un accord où il trouve son compte ? Ça veut dire ce que ça veut dire. 

Abdoulaye Diakité                                                                                   Source: MaliJet

Noëllie et Luc, avec ABdourahamane et Mohammed

mardi 22 septembre 2015

N° 39 - MOPTI EN FETE

mort ou endormi  ?

Bonjour à chacune et chacun.
Depuis un mois, j'ai passé beaucoup de temps
- dans la communauté des "sœurs ouvrières de Jésus de Nazareth".... avec elles, j'ai pris du temps pour prier, me détendre et surtout bricoler, et entretenir la maison.

en plein bricolage avec Erminia (Italienne)

avec toute la communauté et Enza (conseillère régionale) en visite, après une célébration où j'ai reçu la croix de la congrégation des "soeurs de Jésus ouvrier de la maison de Nazareth"!!!
- dans le champ RIZ-JOC: projet de 3 ha de rizières, où j'ai aidé les jeunes, en prenant le soin de travailler à l'ombre,  
derrière la charrue...comme en France dans les années 1950 !




Leçon de repiquage, donnée par Luc.

photo sur la digue et devant les rizières repiquées


fatigués , mais heureux du travail réalisé

le tri des plants..... à l'ombre !

la pause casse-croute....et thé !
- chez moi, pour lire et accueillir, en particulier les responsables JOC et MMTC, pour les aider à envisager la suite sereinement.
Le conseil de Gestion du projet RIZ-JOC avec quelques travailleurs
Evénements: L'église de Mopti était en fête les 12 Septembre avec l'ordination de 5 jeunes prêtres; et le lendemain, la fête du jubilé pour fêter les 50 ans d'existence du diocèse.  Beaucoup de monde, beaucoup de chants, beaucoup d'heures de célébrations.... des interventions remarquables comme celle du ministre du culte (Musulman) qui a fait "une sorte d'homélie" de 6-7 minutes en citant et expliquant des passages d'évangile, en lien avec le thème du jubilé. Formidable !

le ministre du culte (habillé avec le tissu chrétien sorti pour la fête)
Le ministre (qui est aussi Albinos) salue le Nonce à la fin de la célébration
tous habillés avec la même chasuble du 50aire !!!
QUELQUES ARTICLES DE PRESSE:


Ousmane Cherif Haïdara n’est pas d’accord que la politique soit mêlée à la religion. Pour lui, ce sont deux choses diamétralement opposées.
Son association a toujours reçu des hommes politiques pour les aider à se faire élire, mais ils ne se sont jamais prêtés à ce jeu. Par contre, d’autres le font de façon honteuse. Ils n’hésitent même pas à s’afficher avec eux publiquement. Les religieux n’ont rien à faire sur la scène politique, a ajouté le guide.
Le pays n’est pas vendu mais presque
L’homme de Dieu, visiblement très remonté contre la situation du pays, affirme qu’il ne dirait pas que le pays est vendu, mais il est en passe de l’être. Car il est impensable que des patriotes puissent devenir des fossoyeurs de la République en voulant tirer profit de la crise que nous vivons. Cette crise est devenue un fonds de commerce pour certains qui s’enrichissent sans vergogne sur la misère du peuple. C’est une véritable catastrophe qui se prépare.
Les leaders religieux doivent quitter la scène politique
Ousmane Cherif Haïdara n’est pas d’accord que la politique soit mêlée à la religion. Pour lui, ce sont deux choses diamétralement opposées. Son association a toujours reçu des hommes politiques pour les aider à se faire élire, mais ils ne se sont jamais prêtés à ce jeu. Par contre, d’autres le font de façon honteuse. Ils n’hésitent même pas à s’afficher avec eux publiquement. Les religieux n’ont rien à faire sur la scène politique, a ajouté le guide.
On m’a accusé de vouloir renverser IBK
C’est avec un ton très haussé que le président de l’association des leaders spirituels du Mali a affirmé que des gens l’ont accusé à tort de vouloir renverser le régime actuel en place. Pour ce faire, ils ont même amené des cassettes vidéo au Président de la République pour lui dire qu’il prêche contre lui. C’est faux et archi faux. Il ne s’est jamais érigé contre le pouvoir, parce que le pouvoir est sacré et Dieu recommande de lui obéir. Dieu nous est témoin que cela n’a jamais été notre objectif et il ne le sera pas, inchallah, conclut le Cherif. Non sans réaffirmer la disponibilité de son organisation à appuyer la mairie dans la salubrité et le recouvrement des taxes en mettant à sa disposition des bras valides, et à sensibiliser les militants et adhérents dans les zawiya et les mosquées.

H.M                                                    Source: Le Prétoire

Des sacs d'oignons, sur le port de Mopti

quelques sacs (seulement) sur le toit de la Peugeot !!!

Une surprise dans les rues de Mopti! Que les habitants de St Fulgent (Vendée) se réjouissent:
le camion de leur ville, roule toujours !
 Alors que nous laissions entendre depuis fort longtemps que le conflit qui secoue le Mali depuis de nombreux mois est fortement lié à des odeurs de gaz, de pétrole et plus globalement à ses ressources énergétiques et minières telles l’or et l’uranium, la presse malienne enfonce le clou.
A l’occasion d’un de ses nombreux déplacements au Mali, Kadhafi avait ainsi déclaré : « Le nord du Mali est très riche en ressources minières. Si vous ne preniez garde, un jour les occidentaux vont venir s’installer définitivement pour exploiter vos richesses…  ».
Tel pourrait bien être le cas …. Une situation que nous évoquions ici-même au sein de plusieurs articles dédiés à ce sujet. Et qui fut également évoquée lors d’un reportage sur Arte pour le moins éloquent.
Désormais, selon la presse malienne, des sources locales annoncent que l’exploitation de l’uranium de Kidal serait en cours avec la complicité de la la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), laquelle regroupe les groupes armés touaregs et arabes.
Certes, le journal « l’Aube » concède qu’il est « difficile de vérifier l’exactitude de cette information, dans une zone inaccessible aux autorités et autres ressortissants maliens ».
Mais, ajoute le journal, « tout porte à croire que la région de Kidal n’est pas « protégée » pour rien », les lieux semblant attirer non seulement terroristes et bandits … mais également des puissances étrangères désireuses d’avancer leurs pions …
Comme nous l’indiquions ici-même, des « intérêts colossaux seraient en jeu ». Une raison selon le journal de faire de cette localité  une véritable «  forteresse «  ou zone interdite.
« Certains Maliens sont toujours convaincus que la défaite de l’armée face aux rebelles de Kidal, n’était pas un fait du hasard. Les rebelles auraient certainement bénéficié du soutien d’une main invisible, l’appui d’une puissance étrangère » ajoute tout net le journal.
« L’on comprend aisément pourquoi l’armée et l’administration maliennes ne sont pas, pour le moment, les bienvenues à Kidal. Il faut les maintenir loin (et très loin) pour écarter tous les soupçons qui peuvent peser sur les complices des rebelles de Kidal, notamment des pays étrangers qui se disent « amis » du Mali »précise enfin l’Aube.
Disant tout haut ce que nous soupçonnions tout bas, le journal affirme également que des actions pourraient être menées « non seulement justifier la présence étrangère au Mali » mais également « empêcher par la même occasion que d’autres partenaires du Mali ne s’intéressent aux ressources minières » du pays.
Mais cela n’est pas tout : le Mali regorgerait également de ces très précieuses terres rares, même s’il ne s’agit que d’un potentiel, leur exploitation n’ayant pas débuté.
En dehors des achats de matériel militaire qui pourraient s’avérer fort lucratifs pour les finances de l’Hexagone, rappelons que c’est fort discrètement que le 23 et 24 octobre 2014, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de la République française, s’est rendu à Dakar, accompagné par son homologue espagnol, monsieur Pedro Morenés Eulate, et ce, avant de se rendre  à Bamako. En ligne de mire : le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, avais-je alors suggéré, supputant également qu’il puisse s’agir de contrats pétroliers …
Quelques recherches sur internet avec les mots clés « Mali » et « Repsol » auront alors conforté mes premières intuitions.
En effet, selon les termes même de Afrimag, pas plus tard qu’en avril 2014, le groupe énergétique espagnol Repsol a annoncé avoir gagné le jackpot à Taoudéni. Taoudéni, bassin pétrolier et gazier très prometteur que je soupçonne depuis fort longtemps – et ce, bien avant le déclenchement de la guerre au Mali  – être à l’origine des tensions qui frappent la région depuis quelques mois.
Rappelons en effet que le bassin de Taoudéni  est un large bassin couvrant une zone de plus de 500000 km2 sur la partie Sud et Est de la Mauritanie, et se prolongeant vers l’Est jusqu’à une zone similaire dans la partie Ouest du Mali. Offrant ainsi des ressources en matières premières qui ne peuvent qu’attirer les appétits ….
Un communiqué du Conseil des ministres tenu le 10 juillet 2013 au Mali faisait en effet état d’un accord de 35 millions de dollars portant sur le partage de production du bloc 6 de Taoudeni, l’exploitation, le transport et le raffinage des hydrocarbures liquides ou gazeux.
La convention avec  la société de droit des Iles Caïmans est inscrite « dans le cadre de la promotion de la recherche et de l’exploitation d’hydrocarbure pour favoriser le développement économique du Mali », avaient précisé les autorités maliennes …
Ladite convention a été approuvée par un projet de décret adopté par le Conseil des ministres tenu sous la présidence du chef de l’Etat par intérim, le professeur Dioncounda Traoré. Un accord signé quelques jours à peine avant un scrutin majeur pour le pays, l’élection présidentielle devant se tenir avant la fin du mois de juillet au Mali …
En février 2011, la presse algérienne indiquait que le groupe français Total et le groupe énergétique national algérien Sonatrach avaient dans leurs besaces plusieurs projets au Sahel. L’essentiel semblant être pour les deux groupes de « rafler » le plus de projets possibles, au Mali et au Niger.
Elisabeth STUDER - www.leblogfinance.com
Source: leblogfinance


Peut-être, une tonne de ferraille, se promène sur une charrette!

Merci pour votre lecture et votre fidélité !
Bernard

le chiffre (sur chaque pirogue) indique l'année de construction..









samedi 15 août 2015

N° 38 DE PASSAGE A MOPTI !

le 15 Août 2015

Bonjour à chacun et chacun.
Me voilà de retour à Mopti…. Mais dans une ambiance particulière !

-         =  Ambiance ecclésiale et personnelle : je pensais revenir pour continuer dans un nouveau mandat de 3 ans. Cela n’est pas possible (pour diverses raisons), et en conséquence mon contrat n’est pas renouvelé. Je suis donc revenu à Mopti pour « faire mes valises », et voir avec les amis, comment continuer de soutenir les projets, tout juste mis en route !
-        =
fabrication de digues (à la saison sèche, en Mai-Juin)

fabrication de digues la semaine dernière)




=  Ambiance sécuritaire « un peu particulière ». Après la signature de l’accord de paix le 20 juin, on aurait espéré un peu plus de calme et de sécurité : il n’en est rien, bien au contraire ! L’article ci-dessous vous décrit l’actualité de la semaine passée.
avant de piquer le riz, il faut arracher les herbes
Après les récentes attaques de Gourma Rharous, Sévaré, Baguinéda, le bout du tunnel s’éloigne de plus en plus.

Le 03 Août aux environs de 05 heures du matin le détachement de la Garde Nationale de Gourma-Rarhous dans la région de Tombouctou a été victime d’une attaque terrorisme avec un bilan de 11 gardes tués. La veille, le président IBK rendait visite aux blessés de guerre dans la ville garnison de Kati. Le communiqué énergique du président de la République au lendemain de l’attaque de Gourma-Rarhous qui disait que « nous vaincrons du terrorisme »a semble t-il doper ces personnes à commettre plus d’atrocités. 
Le 07 Août, la localité de Sévaré située à 15 Kilomètre de Mopti faisait l’objet d’attaque, suivie de prise d’otages à l’hôtel Byblos. De source gouvernementale le résultat est de 12 morts dont des otages, des soldats et des terroristes. Si Sévaré est située à plus de 620 Km au Nord-est de Bamako, l’hydre va sérieusement se rapprocher de la capitale avec l’attaque du camp militaire de Baguinéda ville située à 30 Km de Bamako. 
Le samedi 08 Août, des assaillants non encore identifiés ont fait irruption dans la brigade de gendarmerie de Baguinéda. Si l’on ne déplore aucune perte en vie humaine, des dégâts matériels énormes sont à déplorer cependant.
En quelques jours, les certitudes ont fondu comme du beurre au soleil. Le peuple malien se retrouve à se poser d’interminables questions sur son devenir et son avenir.
Et l’accord dans tout ça ?
Signé le 15 Mai par le gouvernement et parachevé le 20 Juin par la coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), cet accord issu du processus d’Alger cristallisait toutes les attentions et était à …juste titre désigné comme l’unique chemin menant à la paix. Le comité de suivi censé y veiller reste encore en veilleuse du fait des chocs des intérêts divergents des différentes parties. Les mouvements dissidents de la CMA que sont :  CPA-CMPRII qui ont signé le 15 Mai avec l’Etat sont aujourd’hui considérés par le MNLA et alliés comme des  « traîtres » n’ayant pas leur place au sein dudit comité.
C’est bizarrement au moment où ces groupes se disputent la légitimité que surviennent ces attaques. L’on n’est pas sans savoir que l’une des manières prisées par les groupuscules rebelles pour se faire entendre est l’usage des armes, même s’il faut selon le ministre de la communication, Choguel Maïga mettre les attaques sur le dos des groupes terroristes qui les revendiquent. Une chose reste clair, tant que la mise en œuvre de l’accord ne débutera pas avec le cantonnement des différents groupes armés, les auteurs réels ne seront jamais connus avec certitudes.
Les 5 suspects de l’attaque du détachement de Gourma-Rarhous, appréhendés par l’armée, ne seraient pas selon la CMA les auteurs mais plutôt des membres de la CMA qui collaborent étroitement avec l’armée. L’armée s’est –elle trompée ? La CMA dit-elle vrai ? Puisqu’il est question de confiance réciproque pour la bonne marche de l’accord, nul doute que ces suspects seront relâchés bien qu’ils étaient en possession à leur arrestation des armes et des munitions d’une grande quantité. 
Bamako sous la psychose
Après l’attentat de la terrasse et les attaques contre les maisons et véhicules de la MINUSMA Bamako a fini par étaler au grand jour sa grande insécurité. Ce samedi 07 Août au moment où Sévaré était sous les feux, c’est le supermarché Azar libre service sis à Torokorobougou qui a fait l’objet d’attaques par des bandits à mains armée. Après plusieurs heures d’atermoiements de la police qui a occasionné un attroupement montre autour dudit supermarché les policiers sont parvenus à mettre hors d’état de nuire ces bandits. Persécutée au nord à ses abords et même en son sein, Bamako est loin d’être sécurisée.  Cette nouvelle escalade de l’insécurité, rappelle que le chemin menant à la paix reste parsemé d’embûches.
Mohamed DAGNOKO                                                                                       Source: Le Pouce
l'eau commence à rentrer dans les rizières
Et qu’en est-il de la position de la France ? Et que deviennent les Français  dans tout cela ? Voici ce qui s’est passé à Bamako à la mi-juin.

Une grande marche de la société civile qui a mobilisé des milliers de Bamakois, a été le lieu de toutes les expressions de colère à l’endroit de l'ancienne puissance coloniale, la France, et de son président, François Hollande. Après avoir écrit sur les pancartes : ‘’A bas la France’’ ; ‘’Hollande égal MNLA’’, des extrémistes sont allés jusqu’à brûler le drapeau français en témoignage du degré de colère qu’ils nourrissent envers l’hexagone.
Et dire que ce sont les mêmes Maliens qui avaient applaudi des deux mains l’arrivée de cette même France un certain 11 janvier 2013 ! C’est dire qu’entre temps beaucoup d’eau a coulé sous le pont de l’Opération Serval convertie aujourd’hui en Barkhane. La France que les Maliens ont vue venir un certain 11 janvier 2013 à Konna était-elle aussi sincère avec le Mali jusqu’à mériter des Maliens leur plus grande sympathie ?
La France et ses avions rafale étaient-ils aussi sincères avec le Mali jusqu’à procurer au président Hollande ‘’la journée la plus importante de sa vie’’ un certain 2 février 2013 au monument de l’Indépendance à Bamako ? Ironie du sort, c’est au même monument de l’Indépendance que les Maliens sont venus manifester leur colère noire contre son ‘’prétendu sauveur’’.
En tout cas, l’élan de sympathie n’est plus le même entre Français et Maliens. La France applaudie à son arrivée au Mali, est aujourd’hui une France haïe, indésirable puis qu’accusée d’être de connivence avec les vrais ennemis de la paix au Mali, les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Tout çà, à cause de ses intérêts colonialistes. Les Maliens ont fini par retenir aussi la dure leçon d’un dirigeant français : ‘’La France n’a pas d’amis, elle a des intérêts’’.

A. Diakité   
     SourceMalijet
Devant les semis de plants de riz
A part cela, « tout va bien »… les gens continuent à vivre et à travailler…. Faut bien !
Pour ma part, je m’investis pour que le projet créateur d’emplois (avec la JOC de Mopti) puisse réussir et durer. Pour cela, j’ai quelques semaines devant moi, pour mettre en place les personnes et les structures nécessaires
Puis je prendrai le chemin de Bamako, où je pense trouver « un pied à terre » pour répondre à la nouvelle mission qui m’est confiée –pour un an- par la Coordination Internationale des JOC (CI-JOC) dont se secrétariat est à Rome. Je vais donc passer une année en posant mon sac à dos de temps en temps, dans 7-8 pays africains et en Italie. Je vous en dirai plus dans le prochain blog.

Merci de votre compréhension et de votre soutien.
L'orage menace ! Le ciel est noir et le fleuve est jaune !

jeudi 14 mai 2015

N° 37 : DE ROUTES EN ROUTES ...... Mai 2015

Bonjour à chacune et chacun.

Avec Amélie et Monicah (de la CI-JOC)

photo de famille avec jeunes et accompagnateurs JOC

avec les accompagnateurs de 6 pays








Cette page du blog commencée fin avril à Mopti, je la termine à La Roche sur Yon (en Vendée)
Entre temps, de nombreuses heures sur les routes d’Afrique ou de France.
-          Après avoir fait quelques bilans de mes activités à Mopti (bilan de l’année, bilan de mon premier contrat de 3 ans), j’ai rangé mes dossiers, et « demandé la route », comme on dit au Mali, c'est-à-dire demandé la permission de partir.
-          J’ai d’abord fait le trajet Mopti-Bamako, en car.  Heureux que celui-ci soit climatisé : Une vraie promenade de santé et à un prix raisonnable : 600 kms pour 8 000 cfa  (un peu plus de 12 euros) : c’était le jeudi 23 avril.
-          Le lendemain, vendredi 24, j’ai pris l’avion pour Dakar, sûr d’y être attendu, pour la session des aumôniers nationaux des JOC d’Afrique de l’Ouest et centrale. Mais à l’aéroport, personne pour m’attendre….. et je n’avais pas de numéro de téléphone pour joindre quelqu’un. Après quelques heures de patience, la situation s’est arrangée ! Heureusement la température était passée de 42° à Bamako à 25° à Dakar !
-          Puis la session s’est déroulée à 80 kms au sud de Dakar, dans un village appelé Poponguine (où se trouve aussi, un centre de pèlerinage).   Un lieu très agréable, les pieds dans l’eau, au bord de la mer ! Une  bonne vingtaine de jeunes responsables Jocistes (venant de 11 pays) accompagnés par 6 aumôniers nationaux (que j’étais chargé d’initier ou de former).
-          Le 4 mai, j’ai passé la journée à l’île de Gorée, haut lieu symbolique de la période esclavagiste ; haut lieu de mémoire et de « souvenir » (s) !!!   Quand la Mémoire est aussi une entreprise touristique !!!
à Gorée: monument dédié à la Liberté
"Une des maisons où sont passés de nombreux esclaves"
-          Le 5 mai, j’ai pris le chemin du retour : tout d’abord dans un taxi-brousse (une 405, où on s’entasse à 7 personnes + les bagages !). J’étais coincé sur la banquette dans le coffre, et le voyage a duré 9 heures, pour aller jusqu’à Tambacounda ! Ben oui, ce n’était pas prévu qu’on soit arrêté régulièrement par les policiers, parce que la galerie était trop chargée !!!
Un peu trop chargée ? peut-être !
-          2 jours à Tambacounda, à retrouver Emmanuel, (Ami Malien que je n’avais pas revu depuis 21 ans !) avec sa femme Bernadette et leurs 8 enfants de 1 à 17 ans ! Emmanuel est professeur de mécanique auto dans  la première école  lancée par les Salésiens  dans l’Afrique de l’Ouest, en 1980. 
Avec Emmanuel, Bernadette et leurs 8 enfants
J’ai aussi profité de ce séjour à Tambacounda pour saluer des amis Sénégalais, connus à La Roche sur Yon (ville en partenariat). 
Avec Emmanuel et  Seynouba
J’ai aussi appris que dans cette région (où il fait très chaud : plus de 43-44°), de nombreux jeunes ont déjà disparu en mer méditerranée, et pourtant cela n’empêche pas d’autres jeunes de se risquer à l’aventure (j’en ai été témoin, moi-même le lendemain, en prenant le car). 
Avec Céni et Seynouba, dans le jardin potager travaillé par une asso de femmes
D’autres jeunes abandonnent le travail des champs, pour  se risquer dans les travaux de l’orpaillage : le rêve de devenir riche en découvrant quelques pépites d’or, au risque d’être englouti dans des galeries sans protection !
-          Le 8 mai, je décide de continuer le chemin vers Bamako, en car. On me dit que le trajet doit durer au moins 15 heures ! Qu’à cela ne tienne, c’est parti, on ne fera pas cela tous les jours, ni tous les ans ! Départ prévu vers 22 h…. on attend patiemment, le car qui n’arrivera qu’à 1 heure du matin. !!!  Il n’est pas climatisé : pas grave…il fait nuit et « un peu frais » ! et j’ai trois litres d’eau avec moi. On passe la frontière vers 4 heures du matin…. Des jeunes sont sans papiers… le trafic commence … ça nous retarde sérieusement ! Puis arrivés à Kayes (première grosse ville Malienne) nous nous arrêtons pour réparer. On y reste coincés pendant plus de 2 heures. 
"ce ne sera qu'une petite panne de 2 heures !"
On repart en pleine chaleur… On ouvre les fenêtres, mais l’air est brûlant. Plusieurs arrêts pour les contrôles de police, sont toujours prolongés, à cause de ceux qui n’ont pas de papier…ou pas les bons ! D’autres arrêts pour la prière musulmane… et puis surtout la route qui est complétement défoncée sur des centaines de km, .....font qu’on arrive péniblement à Bamako à 22 heures seulement = 21 h de transport ! soit 30 heures en tout pour faire Dakar – Bamako : 1400 km ! … à 30 000 cfa, cela fait 1 000 cfa (1,50 euro) de l’heure !!! + la chaleur gratuite ! Quelle aventure!
-          Le 12, je reprends la route de l’aéroport de Bamako, pour prendre un avion de la TAP (Air Portugal) pour Lisbonne !   Après une attente de 7 heures, deuxième avion pour atterrir à Orly. Là des amis vendéens de Palaiseau, doivent me prendre pour descendre en Vendée, mais un décès parmi leurs amis, les obligent à rester ! Pas grave ! je vais prendre un train !  Par internet, c’est facile !
-          Le lendemain, le 13, je prends bien le train réservé, mais au changement prévu au Mans, il n’y a pas le train suivant ! grève surprise, et annoncée nulle part, pas signalée sur internet (la veille au soir, quand on paye le billet), et ni sur les écrans d’affichage en gare !  La colère et les réflexions des usagers : il y a de quoi en faire un livre !  Finalement, c’est en voiture que termine le parcours et  j’arrive  à La Roche à 21 h : 7 heures, pour faire les 400 km entre Paris et la Roche…. Finalement la France et  L’Afrique ont quelques points communs !

   " ET LA ROUTE DE LA PAIX, au Mali ?" me direz vous ?
       Cette route-là, est bien difficile à trouver et emprunter ! Normalement, en ces jours (le 15 Mai) est prévue la signature officielle de l'accord de paix, conclu à Alger, après 7 mois  d'âpres négociations. Mais ce n'est pas sûr que cette signature (déjà repoussée deux fois) ait bien lieu. Que cette route de la Paix est bien difficile ! Elle doit  être bordée d'autres chemins importants, comme celui du développement, celui de la Justice, celui du respect de toutes les ethnies et cultures.... autant de chemins qui sont bouchés ou tellement défoncés !  Continuons d'espérer! et pour en savoir plus, allez voir sur le site Malijet.com.


-          Me voilà donc en Europe : voilà  le programme prévu (sans les problèmes de transport !) Peut-être aurons-nous l’occasion de nous « croiser », sur une route , dans une gare…. Ou dans une maison !
o   J’arrive en Vendée vers le jeudi 14
o   Je pars pour Lourdes (RN Mission Ouvrière) et Gavarnie du 21 au 1° Juin
o   Séjour en Vendée du 2 au 8 Juin
o   Séjour à Paris du 9 au 19 Juin
§  PROPOSITION pour les gens de l’île de France :
RETROUVAILLES POSSIBLES  au 23 Rue Jean de Beauvais (Paris 5ème) Métro : Maubert-Mutualité,
le DIMANCHE 14 JUIN  entre 11h  et 21h. (Possibilité de prendre le repas, en l’apportant ! J’offre l’apéritif et les boissons)
o   Séjour en Vendée du 20 au 24 Juin
§  NOTEZ : FETE DES 40 ANS D’ORDINATION, le dimanche 21 Juin
§  A Ste Thérèse (25 Rue Massenet) LA ROCHE SUR YON
§  DE 10h 30  à  21h  puis fête de la musique en ville.
o   Rencontre CI-JOC à Rome du 25 au 30 Juin
o   Séjour en Vendée du 1° au 5 Juillet
o   Tour en Vélo dans le Sud-Ouest du 6 au 19 Juillet
o   Séjour en Vendée du 20 au 30 Juillet

-          Je reprends l’avion à Orly le 31 Juillet
interviewé par la radio diocésaine