samedi 17 janvier 2015

N° 33 BONNE ANNEE 2015





Ombre de randonneur au pays Dogon


Bonjour  à chacune et chacun!



un chargement du tiges de mil

Et  comme le mois de Janvier est le mois des vœux, et que par Internet, on s’en envoie des centaines et des centaines…. Je me permets d’en sélectionner UNE CARTE PARTICULIERE avec un beau texte que je vous mets ci-dessous :  (Merci à l’auteur José !)
« Quand on dit, deux mille quinze, il y a 15 ! Et il me vient une image de passion pour les gens du Sud-Ouest de la France (mais pas exclusivement pour eux ) :  l’image de la partie à gagner, celle du Rugby.
PLANTER UN ESSAI, et le transformer ! Former un ruck et porter ensemble un jeu gagnant. Sans pénalité, ni carton blanc, ni carton jaune. Faire un jeu collectif et avancer…
Le ferons-nous cette année ? Il y a tant et tant à faire avancer !
Pour une troisième mi-temps de fête, y invitant tous ceux qui sont présents autour du champ de jeu, aussi passionnés, poussant avec nous, à leur manière. La gagnerons-nous la Coupe de l’Espérance ? Elle nous tient à cœur et nous le pouvons ! (« podémos » disent les indignés Espagnols, et c’est ainsi qu’ils se nomment en s’organisant)
NOEL , c’est « Naissance » , c’est aussi « Nouveau » ! Laisserons-nous un peu d’espace dans nos vies pour laisser s’installer un peu de nouveauté, pour laisser venir « Celui qui rejoint le camp de l’Homme » ?
Un peu de passion pour l’Humain, ICI et SUR NOTRE TERRE ? Tu es, nous sommes, vous êtes tous nécessaires pour gagner la partie, selon la rapidité, l’agilité, la robustesse, le gabarit de chacun, les uns entrainant les autres.
Je te et vous souhaite à toutes et à tous, UNE ANNEE DE PASSION, dans la partie à jouer et pour que la vie soit toujours victorieuse ; nous y croyons, mais ENSEMBLE !
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vus e lever une grande lumière » : mettons-la au cœur de nos existences, pour FAIRE UNE ANNEE  « D’INDICIBLE ESPOIR » comme le disait Jean Jaurès.  Bonne Année »

La barque de la JOC qui permet la traversée du Bani et du Niger




Avec les soeurs ouvrières de la maison de Nazareth

NOEL A SOFARA

Cette fête de Noël, je l’ai vécu à 80 kms de Mopti, dans un petit village (de 7 000 habitants, quand même !) appelé Sofara. Dans ce gros village, donc, une petite communauté chrétienne, composée surtout de Dogons, entourés de Peuls et de Bozos (pêcheurs), qui ont toujours résisté à l’évangélisation chrétienne. La communauté chrétienne catholique représente à peu près une dizaine de famille. A ceux-là, il faut ajouter une quarantaine de jeunes migrants Burkinabés qui viennent travailler dans la région pendant 7-8 mois, chaque année. Ils sont travailleurs journaliers dans les rizières ou pour le jardinage. Voilà pour le contexte humain.
Le décor ? Dans le quartier où se trouvent la mission et la chapelle, il n’y a pas de courant… alors dès 18h 30, on est déjà dans l’ambiance de la nuit. Heureusement, j’ai apporté ma frontale ; c’est pratique, on a les mains libres, et puis surtout, en l’orientant vers le bas, on ne risque pas « de torcher les gens » (comme on dit ici). Entendez : on ne risque pas de les éblouir avec la torche ! Pas d’électricité…donc pas de guirlandes dans les rues, ça va de soi ! Rien qui annonce Noël, sinon le bruit ordinaire de la vie du quartier et les cris ânes !

futur Chrétien ?


Le Réveillon ?  Ah ! j’allais l’oublier ! Avant la célébration, on a partagé le repas avec la famille du catéchiste et quelques jeunes Burbinabés arrivant des champs, et fatigués. Un plat de « riz au gras » (repas ordinaire, ici) et un petit poisson (de 20 cm de long) que nous nous sommes partagé à 4 personnes ! C’était tellement frugal et bon que cela « avait un goût eucharistique » !
La Célébration ? Prévue à 20h 30…. Alors vers 20h 15, on s’est dirigé vers la chapelle. J’entendais des chants de Noël…je me disais « la communauté est déjà rassemblée et est en train de répéter ! » (réflexe européen !). On arrive devant la porte à 20h 20… elle est encore fermée, et personne n’est arrivé ! Les chants qu’on entend viennent de l’église protestante (voisine de 500 mètres) et qui a mis un haut-parleur à l’extérieur !  Les gens arrivent, les uns après les autres… doucement. A 20h 45, nous sommes une petite trentaine de personnes , dont une moitié d’enfants, dans la pénombre et dans le silence…. Ce silence m’impressionne à tel point que je le fais méditer avant de commencer les chants. Je me souviens de ces nombreuses veillées de Noël, en Vendée, où une demi-heure avant la célébration l’église est déjà remplie d’une foule bruyante (sortant de, ou se préparant aux réveillons), et moi, courant à droite ou à gauche pour mettre au point le montage audio-visuel qui pourra permettre d’accrocher l’attention de cette foule …. Ici, à Sofara, rien de tout ça…on est au calme dans le silence, dans la nuit, dans une chapelle sans électricité, sans décoration particulière…et même sans crèche ! Mais nous sommes peut-être DANS la crèche ? En tout cas, un âne passant dans la rue, salue de son cri…. Pas vu le bœuf, il est sans doute encore aux champs ! La messe se passe tout normalement, avec les chants adaptés, et se termine dans la cour de ma mission par des danses  pieds nus dans la poussière.

Dans la danse, après la messe de Noël



au rythme des Djembés

A Minuit, on arrête la danse pour aller dormir….mais c’était sans compter sur la sono hyper puissante de la communauté protestante qui va nous tenir éveillé jusqu’à 4 h du matin …. Et quand elle s’arrête enfin….ce sont les coqs qui prennent la relèvent !!! Douce nuit ! Sainte nuit ! Brrr !
Le lendemain, après la messe du jour, nous avons repris la route (Le Séminariste, David, et moi) pour venir fêter dans la famille de Luc (responsable JOC), de l’autre côté du fleuve Niger. Nous y avons retrouvé les jeunes jocistes, engagés avec lui dans le projet « JaRiz-JOC » (Jardinage+Rizière avec JOC)

LA VISITE DES VENDEENS :

Réveillon du 31 décembre avec la  famille Crepeau, chez des amis.



Quelques heures avant de quitter la famille Crepeau

Ils sont 4 ! Ils sont venus de loin (comme des « mages »), leurs valises chargés de cadeaux (chocolats, saucissons, vin…), et en suivant l’étoile de la confiance : Ils n’ont pas eu peur des moustiques, d’Ebola, des secousses sur la route ou de la fraicheur (eh oui !) matinale…. 

Devant la célèbre Mosquée de Djénné



l'intérieur de la Mosquée
la Maison Blanche = la maison des jeunes à Djénné
Marche sur le plateau Dogon

Avec eux, j’ai fait de nombreuses visites d’amis à Bamako, Ségou, Mopti et Sévaré…, marché pendant 3 jours le long de la falaise du pays Dogon, et discuté de l’avenir du Mali et du monde.
Pour en savoir plus, essayez de les rencontrer et de les « faire parler » ! Vous devez les trouver du côté de La Roche sur Yon ou de Challans (en Vendée, tout cela !) où leur bonne étoile a dû les reconduire !
culture des oignons au pays Dogon



A Iréli avec Emile, responsable de communauté et Bakary le guide.  


Avec Oumar, fabriquant de pirogues à Mopti

lever de soleil sur la falaise

LE SUIVI DES EVENEMENTS en France .
Comme vous, sans doute, du 7 au 11 Janvier,  avec les visiteurs Vendéens, nous avons vécu en écoutant ou regardant ce qui se passait à Paris ou dans les environs. Comme vous, j’ai compris  la douleur des personnes touchées…. Et comme vous, j’ai vibré à cet immense élan de fraternité internationale pour dire « NON à la Violence, à la barbarie, au fanatisme, etc »
Tout en admirant ces foules solidaires, je me demande quand même :
- « Pourquoi on ne se mobilise pas autant, pour dénoncer les centaines, voire les milliers de morts (en méditerranée ou ailleurs) que NOUS, EUROPEENS , NOUS PROVOQUONS,  en bloquant exagérément nos frontières ? »
- « Pourquoi les 2 000 (deux mille) morts provoqués –dans les mêmes jours- par un mouvement fanatique au Nigéria, sont un événement passé presque inaperçu ?
- d’autre part, la suite des événements, avec la parution de nouvelles caricatures provocatrices, peut amuser les gens de l’Hexagone, mais cela ne fait pas rire dans les pays à majorité musulmane (comme le Mali), et je me demande si cela est constructif pour la Paix et l’entente dans le monde ! Pour vous en dire plus, voici des extraits d’articles parus hier dans la presse Malienne.

Dès qu'il y a de l'eau, on cultive au pays Dogon !


La chaine de solidarité internationale, intensément manifestée à Paris le 11 Janvier 2015, pour condamner les assassinats d’hommes de média au siège de Charlie hebdo et dénoncer l’usurpation de l’Islam à des fins de terrorisme rampant, a été largement étouffée par la republication des caricatures querellées. Faute d’avoir pris en compte une dimension de la mesure, cette solidarité légendaire, symbolisée par la marche républicaine du dimanche dernier, est en proie à une rupture inattendue et assez dangereuse pour la liberté de la presse.
Nous l’écrivions dans notre édition du mercredi, publiée presqu’en même temps que celle à grand tirage de Charlie hebdo : « Cette caricature amusera l’Hexagone qui la couvre de sa constitution. Mais elle agacera des centaines de millions de musulmans dont la constitution interdit toute image de leur prophète ». « Mettre Mahomet en une de "Charlie", c'est tuer l'esprit du 11 janvier ». Lire la publication du Courrier International (P3).
La rupture dans l’élan de solidarité, qui est liée à la persistance dans ce qui est considéré comme blasphématoire dans la religion d’autrui, ne profite à personne

Hier, le ministre sénégalais de l’Intérieur a annoncé l’interdiction au Sénégal de la distribution et de la diffusion « par tout moyen » des éditions de mercredi de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, dont la Une comporte une caricature du prophète Mahomet.
Au Mali comme au Sénégal, l’opinion publique dans l’ensemble, tout en condamnant la tuerie, est autant choquée par la caricature du prophète.
La présence à Paris, dimanche à la marche républicaine, des présidents Macky Sall et Ibrahim Boubacar Kéita, aux côtés de ceux qui scandaient « Je suis Charlie » a été critiquée par leur société respective. Au Mali, certes la Maison de la presse a ouvert un livre de condoléances signé par les responsables d’associations de presse, les Directeurs de publication, solidaires avec leurs confrères assassinés. Et le portail est barré à la banderole, « nous sommes tous Charlie », mais au sein de la société civile malienne, les « je ne suis pas Charlie », sont de loin les plus nombreux. Pour avoir participé à la marche républicaine, un leader religieux malien, Imam Ousmane Chérif Haïdara, a dit tout haut ce que les autres disent tout bas : « j’ai pitié du président IBK, il n’a pas le choix ».
Mercredi, date du grand tirage de Charlie hebdo des Mauritaniens sont descendus, dans les rues de la capitale Nouakchott, pour manifester leur colère après la publication d’une nouvelle caricature du prophète Mohamed. Selon le site d’Alakhbar, les manifestants ont été stoppés par la police à quelques dizaines de mètres de l’Ambassade de France vers laquelle ils se dirigeaient. Ils ont accusé l’Etat français de "complicité" avec l’hebdomadaire satirique. Ils ont en revanche brandi des slogans favorables aux frères Kouachi les auteurs de l’attentat à Charlie Hebdo, indique Alakhbar. Les mesures de sécurité ont été renforcées au niveau de l'Ambassade de France et les axes y menant ont été fermés.
la liberté de la presse ne signifie pas la liberté d'insulter », a déclaré Ahmed Davutoglu à la presse à Ankara. 

 Par ailleurs, le pape François a estimé hier jeudi que la liberté d'expression était « un droit fondamental » qui n'autorisait pas à insulter la foi d'autrui. Il ajoute que « tuer au nom de Dieu » était une « aberration ». « On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision », a-t-il dit dans l'avion qui l'emmenait de Colombo à Manille,
B. Daou

sans commentaire
Publication de Courrier International                
VU DU MALI                                
Mettre Mahomet en une de «Charlie», c’est tuer l’esprit du 11 janvier



Qui a lu cette B.D. ?

Merci de votre soutien et de votre compréhension.
A+ pour vos nouvelles

mardi 9 décembre 2014

N° 32 : RETOUR "DANS LA FRAICHEUR" ! 9 décembre 2014

Bonjour à chacune et chacun, qui (pour la plupart d'entre vous) vivez dans la fraîcheur des pays du Nord!

cherchez l'erreur !

RETOUR DANS LA FRAICHEUR, c'est le titre de cette nouvelle page :

- d'abord en ce jour: une pensée pour Serge LAZAREVIC qui vient d'être libéré, et qui va faire un heureux retour dans la "fraicheur européenne" , mais aussi la chaleur des retrouvailles.

- Fraicheur climatique, je l'ai trouvée en passant par l'Europe entre le 12 et le 25 novembre. Un petit séjour (3 jours) en Vendée; puis 10 à Rome, pour le 7ème congrès mondial sur les migrants (organisé par le conseil pontifical pour les migrations); puis 3 jours à Paris pour défaire et refaire des valises.
Souvenir de mon dernier voyage Mopti-Bamako, après avoir pris un gros "nid de poule".                                                       L'amortisseur, lui, n'a pas résisté!

- Pour ce congrès intéressant sur les migrants, je vous mets un bout de compte-rendu (ci-dessous, en fin de page)
Je retrouve un ami de l’Éthiopie (aumônier JOC) et qui est devenu évêque!


- Fraicheur politique au Mali: les pourparlers de paix qui se déroulaient à Alger, se sont arrêtés sans parvenir à un accord. On est au point mort, et rien de vraiment positif et constructif pour la Paix véritable, ne s'annonce vraiment. Fraicheur !

- Fraicheur sanitaire: l'épidémie Ebola est arrivée au Mali (annoncée officiellement le 11 novembre). Depuis ce jour-là, c'est un peu "la panique à bord" chez certains, surtout à Bamako. On ne se serre plus la main pour se saluer; on se lave les mains (à l'eau chlorée) à chaque entrée de lieu public.... bref, c'est le sujet de conversation journalier. En réalité (à ce jour), il y a eu 5 décès dans tout le pays (1 à Kayes et 4 à Bamako) et il ne reste qu'un seul malade (en traitement) et aucun autre cas suspect n'a été trouvé. Il semble donc que l'épidémie a été rapidement cernée, contrairement à d'autres pays, comme la Guinée, le Libéria ou la Sierra-Léone.

- Fraicheur ecclésiale: du coup, cette épidémie Ebola a provoqué l'annulation de plusieurs rassemblements importants: le pèlerinage national à Kita (fin novembre): annulé ! le cinquantenaire du diocèse de San (7 décembre) : repoussé siné dié! le cinquantenaire du diocèse de Mopti: repoussé et regroupé avec la fête des ordinations...en septembre 2015 ! Cà fera des économies!
Démontage d'une vieille porte, pour faire le fond du bateau JOC

Installation d'un toit pour le panneau solaire
Cà  flotte.....et aux couleurs de la JOC.
- Fraicheur militante des JOCISTES.: Depuis 6 mois, un projet de Riziculture et de jardinage (appelé: JaRiz-JOC) est à l'étude avec une dizaine de jeunes au chômage. Ce projet a été soutenu financièrement par des associations de Vendée. Il est donc réalisable: un terrain de 3 ha a été trouvé et loué: un beau terrain de l'autre côté du fleuve. Pour y accéder, il faut donc un "moyen de transport": les pirogues existent, mais il faut payer à chaque passage! Nous avons eu la chance d'obtenir gratuitement une barque  métallique (de 6 mètres de long) inutilisée . Nous l'avons équipée d'un moteur électrique + batterie + panneau solaire. Elle a été terminée hier soir et mise à l'eau aussitôt. Et ce matin les premiers jocistes ont fait la traversée pour la première journée de travail. Le problème c'est l'investissement des jeunes: Nous avons voulu qu'ils s'investissent  eux-aussi dans le projet, en donnant de leur temps (faute de donner de leur argent). C'est alors que la moitié d'entre eux se sont désistés, préférant rester au chômage ou dans la débrouille ! Cà refroidit ! Fraicheur !
Devant le Vatican, avec Amélie (présidente Ci-JOC)
Devant le Colisée
A table avec Monicah (Kénya) et Amélie (France)
- Fraicheur "des glaces à l'Italienne" : même si le temps n'était pas à la canicule, je n'ai pas résisté trop longtemps en passant devant les marchands de glaces ! Après le dit congrès, je suis resté, en effet, 2 bonnes journées, pour me promener un peu dans cette belle ville, pour rencontrer quelques amis Maliens (en études) et pour travailler un peu avec les responsables de la Coordination Internationale des JOC ( CI-JOC)

ECHOS  DU 7ème CONGRES MONDIAL DES MIGRANTS:

Une femme -pasteur de l'Eglise Anglicane à Hong Kong- en col romain !


Trois cents personnes venant de plus de 100 pays, se sont retrouvées du 17 au 21 novembre à Rome pour un nouveau congrès sur les migrations. Parmi eux, une centaine d’évêques et cardinaux, une centaine de prêtres, et une centaine de laïcs et de religieuses ; tous engagés dans ce que l’église appelle « la pastorale des migrants ». Ce congrès est programmé environ tous les 5-6 ans. Cette année, le thème nous invitait à partager comment le phénomène de la migration permet le développement : développement de celles et ceux qui se déplacent, de leur pays d’origine, et du pays d’accueil. Vaste programme, car les réalités sont bien différentes, entre les pays où la pastorale s’investit surtout dans la liturgie et l’action paroissiale pour regrouper les migrants par groupes linguistiques, et les pays où (comme la France) l’Eglise s’engage aux côtés des associations pour accueillir les primo-arrivants dans les conditions les moins mauvaises possibles, ou encore les pays (comme le Mali ou ceux du sahel) où les migrants ne souhaitent pas s’arrêter, mais rêvent de l’Europe, même s’ils savent bien que les dangers du désert ou de la Méditerranée sont trop réels. Comme le disant le cardinal Végglio  président de ce conseil pontifical, en ouvrant ce congrès :  « La migration, c’est une voie toujours nouvelle pour la solidarité envers nos frères qui sont dans le besoin. »  Et le ministre de l’intérieur Italien, de rajouter : « La méditerrannée, c’est comme un nouveau mur de Berlin qui s’est dressé entre les pays de richesse et les pays de pauvreté, et Lampédusa, c’est comme le chek-point Charlie : là où se concentrent toutes les tentatives, tous les espoirs d’une vie meilleure. En une année, sont arrivés en Sicile, plus de migrants que d’habitants déjà sur place !»
Chaque journée du congrès était ponctuée par quatre temps : 1-un exposé sur « la Dispora et la coopération » , sur « migrants comme partenaires du développement », sur « la dignité du migrant »  2-une table ronde reprenant un aspect du thème (migrer en famille /les femmes dans la migration / les jeunes dans la migration), 3- Un temps en carrefour pour partager nos expériences 4-  des témoignages audio ou vidéo d’une quinzaine de pays. Parmi tous ceux-là, le témoignage de l’évêque de Tanger, a vraiment marqué l’assemblée. En voici quelques extraits : « les Etats ont fermé les chemins de l’Espérance pour les migrants !  Les Eglises n’ont pas le pouvoir de fixer les frontières géographiques, mais elles doivent déplacer les frontières de l’Espérance et de la Justice. Les Eglises doivent pouvoir influencer les décisions prises par nos hommes politiques…. Nous n’allons pas vers le migrant pour nous (pour rajeunir et dynamiser nos communautés chrétiennes, par exemple !) mais pour lui, pour ce qu’il est, et ce qu’il représente comme dignité humaine !... le « Seigneur ,sauve-moi » des psaumes, ou la parole de Dieu en général, n’a pas la même force quand elle est lue dans une cathédrale (où tout le monde l’entend plus ou moins attentivement)  et dans bateau de réfugiés qui cherche sa route. »


A L'audience privée avec le Pape François .


AUTRES REFLEXIONS ENTENDUES durant les carrefours ou temps en A.G. :
-          1 Milliard de migrants sur 7 milliards d’habitants sur la planète : c’est la plus grande migration depuis la seconde guerre mondiale.
-          40% des migrants du Sud vers le Nord, mais aussi 37% de migrants Sud-Sud
-          Notre mission de Chrétien, c’est de lutter contre la Xénophobie qui se généralise, sans raison.
-          La migration, une chance pour « la Pastorale de la Rencontre » comme l’a souligné le pape François.
-          L’Eglise doit aider les états à aller au-delà des lois et des règlements en place, en mettant l’Humain au centre de toute politique.
-          Nous pouvons accueillir vraiment, si nous avons d’abord compris que Dieu nous accueille tels que nous sommes.
-          Entre le pays de départ, et le pays d’accueil, il y a le temps du voyage et de la galère : Qui s’en occupe vraiment ? (appel en direction de pays comme ceux du Sahel)
-          De plus en plus d’enfants mineurs voyagent seuls. Qu’est ce qui pousse les parents à laisser partir ainsi leurs enfants ?
-          A la frontière Mexique/USA, sur les 48 000 mineurs recensés (en une année)  61% des enfants font l’objet de menaces de mort ou de violence de la part de gangs.
-          L’Eglise doit offrir des maisons d’accueil, en opposition aux centres de rétention ! Pour cela, il faut aussi travailler à la conscientisation des chrétiens pour l’accueil des étrangers.
-          Le « combat pour la Paix », doit être une priorité pour arrêter les guerres et les ¾ des migrations.
-          Les Eglises ne doivent pas parler seulement de la prière ou de la Liturgie pour aider les migrants, mais elle doit aussi poser des actes concrets pour leur venir en aide.
-          Le Développement, c’est d’abord un processus qui nous engage totalement, ce n’est pas un plan d’action, avec des objectifs chiffrés
-          Une société ne sera développée que si tous les citoyens –en particulier les plus pauvres- sont intégrés
-          Les risques pour les migrants sont des risques pour le Développement ! et les risques pour le développement, sont des risques pour notre avenir à tous.
-          Les migrants ne sont pas un « objet de débat » mais des « sujets à aimer »
-          L’Eglise doit savoir travailler encore plus en réseau, en acceptant de ne pas être le leader !
-          C’est parfois difficile de travailler avec les Musulmans quand ils se déresponsabilisent en disant « c’est la volonté de Dieu ! on n’y peut rien »
-          Il faut utiliser encore plus les médias, en montrant le visage prophétique de l’Eglise qui doit mettre au centre le visage de l’Homme.
-          Il nous faut faire un changement d’approche, un changement du regard vis-à-vis du migrant qui vit « une grande perte » en quittant son pays, et qui fait vivre « une perte » à son pays.
-          IL faut sensibiliser les institutions pour dire que le Développement ne peut être que global au niveau planétaire, et qu’on ne peut pas parler que pour son pays.
-          Il nous faut travailler AVEC les migrants et non pas POUR les migrants, et développer la « culture de la Rencontre »
-          C’est urgent que TOUTES les instances de l’Eglise soient accueillantes aux migrants.
-          Donner plus d’espace aux jeunes, pour qu’ils développent leurs talents, et écouter leur vision de l’économie et de la politique.

En admiration dans la basilique St Pierre.

UNE INTERVENTION REMARQUEE : celle de Mgr TOSO (responsable du conseil pontifical « Justice et Paix ») :
-          Le phénomène de la migration oblige l’Eglise à une nouvelle lecture Théologique.
-          La Pastorale des migrants doit porter une attention particulière aux enfants et aux femmes, qui sont les membres les plus fragilisés dans la migration.
-          Comment avoir une influence sur la politique des Etats d’Europe et faire changer l’accord de Dublin ? (pas de réponse trouvée !!!)
-          Que fait la commission « Justice et Paix » pour bousculer les instances de l’Eglise ?
ET CELLE DE MGR TOMASI (Nonce auprès des instances de l’ONU) :
-          La dignité humaine fait partie des droits humains fondamentaux. Elle ne dépend du « bon vouloir » d’un état et de ses responsables. !
-          Dans les Etats du Golfe, entre 30 et 75 % (selon les pays) sont des migrants qui ont des contrats très courts et travaillent au mépris de la dignité humaine.
-          Les USA ont déporté (renvoyé) plus de 2 millions de migrants, ces 2 dernières années 
-          L’Union Européenne ne dépense que 1% de son budget pour les politiques migratoires
-          Questions posées au Nonce : Combien d’horreurs faudra-t-il voir encore, pour que les Eglises et l’ONU se mobilisent plus en faveur des migrants ? Le droit d’émigrer existe, mais pourquoi n’y a-t-il pas aussi « le droit d’immigrer ». ? Que faire dans ces Etats du Golfe qui n’ont pas signé la plupart des conventions internationales ?
Différents types de calottes !

-         Ces quatre jours ont aussi été agrémentés de deux sorties réservées aux membres du congrès : une visite des musées du Vatican (en dehors des heures officielles) se terminant par un dîner de gala offert par l’ambassade de chine (Tawaïn) au St Siège !  et une visite au palais du pape où ce dernier nous a reçus pour clôturer le congrès par ses encouragements.
Dans la chapelle Sixtine

En conclusion, certains peuvent se demander pourquoi un Français Fidei-Donum représentait l’Eglise du Mali, et non pas un Malien ! Bonne question. J’espère bien qu’à un prochain congrès, ce sera un Malien. A ma connaissance, aucun Malien n’a participé aux congrès précédents ; malheureusement, la dite « pastorale des migrants » n’est pas le « maillon fort » de la pastorale locale, mais cela peut venir, car la réalité des migrants qui traversent (le plus souvent sans se faire remarquer) est de plus en plus évidente. Et la mise en place de deux maisons du migrants (celle de Gao qui existait depuis 3 ans, fermée en 2012 et qui va rouvrir le 1° janvier prochain ; et celle de Mopti que nous allons inaugurer le 18 janvier) devrait permettre de sensibiliser et mobiliser les chrétiens.
Et pour la petite histoire, je précise que la France était représentée par son délégué national qui est…Italien ; que le Niger était représenté par un prêtre…Espagnol (celui qui ressemble à Jésus sur la photo !) ; que la Belgique était représentée par un prêtre….Congolais ; que le Liban était représenté, par un prêtre…..Français !  Et bien d’autres pays, comme cela sans doute (je pense aux Eglises au Maroc, dans les pays du Golfe)…. C’est cela la mondialisation, ou plutôt l’universalité de l’Eglise ! Quoi qu’il en soit, j’étais heureux d’y être, et d’y retrouver les confrères de la région du Sahel. Maintenant, nous allons rester en contact pour nous soutenir et partager nos expériences au fur et à mesure.


Avec le délégué du Sénégal et celui du Niger

 -  Fraicheur à Mopti : Eh oui, le matin à 7 h il fait froid (environ 15 degrès!) on supporte une petite laine...enfin pendant une heure ! Après le soleil étant là, on oublie l'hiver! Mais les journées sont bonnes pour travailler aux champs (temps des récoltes du riz) ou dans les maisons. Pour notre part, nous avons repris le chantier de la cathédrale ! Mais nous allons sans doute être obligés de nous arrêter, en cours de travaux....faute de  finances !  Fraicheur !



Vue du chantier dans la cathédrale avant de couler une chape!
Recrépissage du mur extérieur
Une chape en couleurs, pour marquer les allées.

 Peinture des chaises


Démontage des vieux bancs

Merci de votre fidélité dans la lecture et la solidarité. et Bonne fin d'année 2014 à toutes et à tous.
Devant le Panthéon de Rome!









lundi 3 novembre 2014

N° 31 : "LA PLUIE...... C'EST FINI !"


Manque une roue? Ya pas d'problème, ça roule quand même !
 
Bonjour à toutes et à tous:
Depuis plus de trois semaines, il n'y a plus de menace d'orage, et les pluies sont finies.....il faudra attendre le mois de Mai ou Juin, pour voir l'eau tomber du ciel ! Même si le fleuve est haut (régulé par le barrage de Markala), et permet aux rizières de produire, nous venons de commencer la saison sèche.
Après un mois d'octobre un peu difficile (à cause de la moiteur) nous sommes maintenant dans la "bonne période": soleil et pas trop de chaleur! La saison propice pour le tourisme ! Je me prépare à accueillir des Vendéens en décembre, puis d'autres en Janvier, puis d'autres en Février: ça nous permet (à Vincent et moi) de rêver de Fromages, chocolat et saucisson !
Pour ma part, le rêve va vite devenir réalité, car je dois passer 2 semaines en Europe (France et Italie), ce qui va me faire une absence de Mopti pendant 3 semaines.
Déchargement d'un camion devant la Mission Catholique! Au fond du camion, il y a des tôles pour nous !!
Les nouvelles ici, ce sont surtout:

- DES VISITES SORTANT DE L'ORDINAIRE
   = FRANCIS: Un Français (entre 55 et 60 ans)  venant de Chambéry....en vélo ! avec , pas mois de 50 kgs dans les 4 sacoches ! Il a en projet de faire le tour du monde, et s'entraine en faisant "un petit tour en Afrique", en arborant fièrement un drapeau Catalan (origine de ses grands parents). IL a passé 4 jours chez nous; ça été l'occasion de bons partages!
On "donne la route à Francis" pour le Pays Dogon
   = GIGA: un jeune Slovène de 24 ans. Lui c'est la marche à pied et le stop! IL a traversé Italie, France, Espagne, Maroc et même la Mauritanie: 6 mois de promenade , seul.... Il a pris la route du Burkina, en passant par le pays Dogon, et il a pris un billet d'avion pour rentrer chez lui à Noël ! L'Aventure, avec un grand "A" !
Giga (décontract) avec Vincent

   = Sr SABRINA : supérieure générale de la congrégation des "soeurs ouvrières de la maison de Nazareth" (congrégation Italienne qui vient de s'implanter au Mali) et qui a le projet de soutenir fortement la JOC. On a beaucoup partagé. On se retrouve dans les même perspectives pastorales !
Sr Sabrina (Supérieure Générale, récemment élue)

- UNE SESSION PASTORALE DE RENTREE:
    Pendant 3 jours, du 28 au 30 octobre, nous avons vécu la session pastorale de rentrée  (avec tous les prêtres et religieuses disponibles). Cela a été surtout l'occasion de préparer les festivités du 50ème anniversaire du diocèse qui doivent avoir lieu les 13 et 14 décembre prochains !
les participants  pour la photo de famille
Vincent est venu se présenter lors de la session (le 3ème jour)


- DES EVENEMENTS CHEZ NOS VOISINS:
   = EPIDEMIE  D'EBOLA: Guinée, Libéria et Sierra Léone sont les pays les plus touchés. Un cas d'une fillette (décédée rapidement) a été décelé au Mali. Y-a t-il d'autres cas ??? Cela est l'occasion de sensibilisation des populations. Avec la JOC , des équipes de jeunes se posent des questions, sur le sens de ces épidémies et catastrophes (une tornade de vent a fait de gros dégâts en septembre).... ça va être l'occasion de faire Révision de vie! (affaire à suivre!)
Interviewé par les services nationaux des médias catholiques, sur l'évolution de l'Eglise.
   = REVOLUTION AU BURKINA : En 48 heures, mais avec des mois et années de préparation et de contestation, le Burkina a changé de régime....Ce sont nos plus proches voisins. Les gens ont des amis et de la famille au Burkina. Nous suivons cela, heure par heure, jour par jour..... et espérons, comme eux, une évolution le plus démocratique possible.


 - DES OCCUPATIONS
   = recherche d'un terrain pour le "projet RIZ-JOC"

sur un terrain possible, au bord du Fleuve Niger
 
  = le début des travaux pour le local destiné à devenir "LA MAISON DU MIGRANT". Les travaux ont commencé et avancent assez vite. L'inauguration pourra se faire à la mi-janvier, comme prévu.
Élagage en "toute sécurité"

début des travaux de rénovation
  
 =  Travail de rédaction et de mise en page des journaux diocésains de la JOC et du MMTC. Une nouveauté pour ces deux mouvements, qui sortent leur numéro 1, dans les mêmes semaines.


imrpimés à 80 exemplaires

le journal JOC (en Bleu) et MMTC (en jaune)



MERCI DE VOTRE SOUTIEN et de L’INTÉRÊT QUE VOUS PORTEZ  AU MALI et à l'AFRIQUE !